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24 décembre 2009 : l’amour en pelote

Elle avait été à mes côtés toute la nuit. Plus qu’une estimable compagne, elle représentait une source de réconfort et de douceur non négligeable, en ces longues soirées d’hiver. Nous nous étions lovés l’un contre l’autre et avions passé la nuit ainsi, comme à notre habitude. Elle avait su me réchauffer comme un homme peut le désirer.

Au petit matin, elle était encore là, resplendissante, avec ce petit côté échevelé qui prêtait à sourire.


Quoi de mieux que sa douce au coin du feu?
Je m’étais résolu à me lever. Sans hésiter, elle m’avait accompagné jusqu’à la table, comme une ombre, et nous nous étions installé conjointement autour d’une tasse de thé bien chaud. Elle avait alors décelé mon appréhension, car l’heure avançait et j’allais devoir me résoudre à me rendre dans la salle de bain glaciale. Je redoutais chaque matin ce moment de déchirement, ces quelques minutes durant lesquelles nous étions séparés. Mais il n’était pas concevable de prendre conjointement notre douche : ce ne serait pas correct, et l’exiguïté particulière de la salle de bain m’empêcherait de toutes manières de manœuvrer avec aisance en sa compagnie.

Laissant mes affaires devant la salle de bain, je m’étais finalement engouffré dans le bac de douche, grelottant, hâtant mon shampouinage rituel pour la retrouver au plus vite, belle et parfumée.

J’avais ressenti comme un tenaillement de l’estomac au moment de récupérer mes affaires. J’avais ouvert la porte de la salle de bain en urgence, et avais confirmé ma crainte : elle n’était plus là.

Panique et fureur. Où était-elle ? Pourquoi cette disparition ? Comment diable était-ce possible en si peu de temps?
J’avais remué ciel et terre pour la retrouver, allant jusqu’à ouvrir stupidement les portes du placard à provisions. Après dix minutes de recherche, je m’étais résigné. Aucune trace. Elle s’était volatilisée et ne m’accompagnerait pas plus loin dans ma journée.

Il faudrait donc que je l’accepte : temps était finalement venu de changer de paire de chaussette.


20 décembre 2009  : tranche de vie (2) - thème hospital

Un vendredi de décembre, 10H30. La capitale croule sous la neige. Les gens, peu habitués à la chose (c'est pas habitué à grand chose, en fait, un citadin quand on y pense), glissent, dérapent et chutent dans la joie et la bonne tumeur sur les trottoirs verglacés de la capitale depuis maintenant plusieurs heures. Au coeur de cette liesse parisienne, du côté de la Gare Montparnasse, une belle jeune fille se prépare à sortir d'un magasin. Consciente des dangers promis de la rue de Rennes, chaussée à la fois pentue et incroyablement traitresse, elle s'arrête quelques instants sur le perron, balayant la rue du regard afin de calculer un itinéraire exempt de plaques de verglas.  Pas question de se faire dominer par une avenue de bitume, même la tristement réputée rue de Rennes. L'itinéraire déjà finalisé, drapée dans sa hauteur, elle se décide à entamer sa course. Le temps de constater que l'accès du magasin à la rue demandait de descendre une marche, et de s'affaler dans toute sa longueur dans l'avenue glacée. C'est effectivement méchant, un Rennes.

Moment de doute, suivi d'une certaine douleur, promesse d'un tout autre parcours, médical, qui s'annonce. Appelé d'urgence, le spécialiste de SOS médecin confirme d'ailleurs rapidement la chose : au vu des symptômes, pas de luxation ou d'entorse en vue. Il s'agit là d'une monumentale fracture, à confirmer par radio. Direction l'hopital Saint Joseph de Paris XIV donc, accompagnée par le mari que je suis. Avec déjà une un questionnement prémonitoire : vont ils bien savoir s'occuper d'elle?


Un système hospitalier pas piqué des hannetons
11H45. Arrivée à l'accueil des urgences. Confirmation : la capitale est meurtrière. Devant nous, les gens boitent, se mouchent, pleurent, saignent, se grattent, autant de signes témoignant d'une souffrance passée, présente, et visiblement assez future. Pas le temps d'attendre, une personne nous interpelle de derrière son pupitre. Il s'agit d'une femme d'une quarantaine d'années, cheveux longs au carré, avec un vague air de Christine Albanel. C'est pas grave ça arrive.

Le temps de dégainer la carte vitale et de décliner notre identité, nous voilà invités à nous asseoir et attendre.  Tandis que nous partons nous installer dans le "coin d'attente" où nous retrouvons une dizaine de personnes, Albanel nous précise qu'il y aura "certainement un peu d'attente". Oui, on comprend, pas de problème.

11H55. Deux personne ont été appelées, permettant de définir clairement le processus que nous allons bientôt suivre. Le schéma est à peu près le suivant : jaillissant d'une porte coulissante, un médecin généraliste se manifeste et couine un nom.
Suite à cet appel , une personne vaguement soucieuse ou endormie semble s'identifier, se lève, et la suit derrière la porte coulissante en lui expliquant que son nom ne se prononce pas du tout comme ça. Quelques dix minutes plus tard, la personne ressort et suit le bras du "docteur couine" qui lui indique de se rassoir en attendant que le spécialiste vienne à son tour l'inviter à le suivre. Plutôt logique. A bien y repenser, c'est un peu le même schéma que celui d'un vieux jeu qui m'amusait follement il y a quelques années, le bien nommé thème hospital : un simulateur de vie d'hopital, dont le principe se résumait, en deux mots, à installer une secrétaire avec une banque et un pot de fleur, un cabinet généraliste, deux cabinets de spécialistes et une bonne dizaine de salles d'attente visant à faire poireauter tout un tas de malades loufoques pendant des heures. Petit rictus nostalgique teinté d'un zest d'inquiétude : et si les dirigeants du ministère de la santé étaient fan de ce jeu? Mais ma femme me tire rapidement le bras et me rassure. Ici, c'est la vraie vie. Il est 12H05.

12H12. Albanel semble inquiète de voir son ventre gargouiller. Elle semble sur le point d'appeler les urgences quand la porte derrière elle s'ouvre enfin. Un jeune boys band agité se dirige vers elle, lui demande où sont tels et tels documents, lui précise qu'il n'était pas du tout nécessaire de classer les fiches de soin comme elle l'a fait, que ce n'était qu'une perte de temps. En réponse, Albanel fait la moue, comme une gamine prise en flagrant délit de bêtise, répond à "Hugo" qu'elle a fait ce qu'elle a pu, qu'elle lui passe volontiers la relève pour aller déjeuner. D'un simple hochement de tête, il lui fait comprendre que ça lui va avant de décaler ses classeurs et de fondre sur son fauteuil. Pas le temps pour les conversation futiles. Ici c'est l'hopital, et à l'hopital plus qu'ailleurs, c'est la règle : Hugo bosse.

12H25. Cela fait maintenant un certain temps que docteur couine n'est pas venu vociférer. Hugo est pour sa part submergé de questions : pourquoi tant d'attente? qu'est ce que fout le médecin? c'est quoi de p***** de formulaire rose? A chacune de ces interrogations, une réponse unique : un air vaguement ennuyé, et une tirade du style "non mais vous savez, moi je suis à l'accueil, je ne sais pas ce qu'il se passe derrière, je ne fais que suivre les procédures, vraiment je fais ce que je peux avec le peu de moyens donné, soyez patients". Implacable sur le manque de moyens du services hospitalier, mais irritant tout de même.

12H50. Docteur couine nous a rendu une petite visite et deux personnes ont disparu derrière la porte vitrée. A leur place sont maintenant installée une personne à la toux plus qu'inquiétante, mouchoir devant la bouche, vociférant qu'elle souhaiterait rapidement passer un dépistage pour la grippe A. Moment de doute : ha oui tiens, la grippe A. Rapide réflexion sur le choix du gouvernement d'interdire les médecins généralistes de vacciner (afin d'éviter que les personnes saines à vacciner soient au contact de personnes porteuses du virus dans une salle d'attente) et vocifération sur la stupidité qui a poussé le même gouvernement à ne pas suivre cette même idée à l'hopital. La salle devient plus anxieuse, semble se tasser dans un coin du coin d'attente. Hugo ressent la chose et invite la personne à venir à la banque et à enfiler un de ces masques moches serrés devant et ouverts sur les côtés. La personne s'exécute, jette un regard coupable sur la salle et décide de s'asseoir sur la chaise la plus exentrée du coin, à côté de nous. Pensées négatives inavouables à l'encontre du gouvernement. Petite crispation .

13H20. Docteur couine a finalement prononcé notre nom, et mon épouse à pu avoir la chance de s'entretenir avec ellequelques minutes . Bilan : oui il y a un problème au niveau de la cheville, peut être une fracture due à la chute, faut voir avec une radio et donc attendre que le spécialiste arrive. Soulagement : la douleur n'est pas issue d'un problème de grève des postes. On avait cru, heureusement que t'es là docteur.

13H50. Le temps commence à se faire long, même si j'ai la consolation de voir qu'il suit fidèlement celui du jeu de mon enfance (sans la touche "accélérer le temps"). Les soupirs s'enchaînent, trois personnes sont parties en expliquant qu'elles étaient là depuis 10H30, que c'était un scandale de laisser les gens comme ça, sans délai. Hugo est toujours autant désolé, explique tant bien que mal qu'il n'est pas possible de donner de délai de passage vu que la priorité change selon la gravité des cas, rééxplique qu'il est tout seul, que c'est dur et qu'il a beaucoup de dossiers à gérer. Alors que je prépare ma propre remarque sur son talent particulier pour la discussion à rallonge avec l'aide soignante, la porte s'ouvre. Il est temps pour ma femme d'aller faire sa radio. Elle s'éloigne. Je me rassois, un peu triste de me retrouver seul avec l'assistance pour un temps indéterminé. Je me rassois à ma place, sans même l'envie de gauffrer sa gueule à cette vilaine crevette d'Hugo. C'est peut être ça, devenir dépressif.

14H30. Calfeutré derrière sa banque, la tête basse, Hugo se fait oublier, parle à voix basse, chuchotte à peine quand il reçoit Monsieur Benard qui souhaite voir valider sa sortie de l'hopital (le bruit du tampon apposé ne fera pas plus de bruit d'ailleurs). Dans la salle, les têtes ont changé, de nouveaux arrivants plein d'espoirs ont pris place sur les chaises, et un sans-abri a été invité à s'allonger au fond, près du radiateur. A moitié ivre, l'homme, ayant mal enfoncé son bonnet et ressemblant de ce fait à un croisement entre Ramucho et OUI-OUI (en version bourrée) ne se fait d'ailleurs pas prier longtemps, et ronfle déjà. Les vétérans de la salle, dont je fais partie, lient conversation. Tous les sujets sont bons : la neige, le temps, les problèmes intestinaux. Pas Hugo par contre, non. Surtout pas Hugo.

15H10. J'ai bien failli m'assoupir. Heureusement, Ramucho est là pour parler pendant son sommeil. Et il en a des choses à dire, Ramucho, qui semble en connaître sur les "plans bancs" dans les stations RATP, les bons coins pour avoir des pièces, les contrôles de papier d'identité. Au paroxysme de son élan, il en vient même à y aller de sa petite phrase sur l'hopital, quelque chose à base de "ya jamais personne", "c'est des planqués" et "laissez moi passer je veux voir un médecin". De quoi dérider la salle, mais pas Hugo qui se hate d'aller chercher son ami de la sécurité pour emmener Ramucho prendre l'air.

15H25. Ramucho est parti, la salle est tristement silencieuse depuis, si l'on excepte les deux nouveaux cas de grippe A tassés au fond et surveillés par les sourcils inquisiteurs du reste de la salle. Hugo nous a quitté, sans même un au-revoir, laissant sa place à une Albanel triomphante. Cette dernière ne se fait pas prier pour lui demander des explications sur la sortie de Monsieur Benard, qui n'était pas du tout prévue. Dans un dernier élan avant la fuite, Hugo se saisit d'un post it et le montre à Albanel, qui lui rétorque qu'effectivement Monsieur BeRnard avait une sortie prévue aujourd'hui, qu'il se présentera en fin d'après midi. Hugo n'extériorise plus grand chose, si ce n'est un je ne sais quoi qui laisserait penser qu'il aimerait être fleuriste.

15H50. La porte s'ouvre enfin, laissant apparaitre ma femme. Je jaillis tout en essayant de réfeiner mon ardeur par respect pour mes compatriotes. Elle m'explique qu'elle a finalement vu le médecin après une demi heure d'attente dans un couloir, que les radios ont été faites et qu'il s'agit d'une entorse et pas d'une fracture. Ha bon. L'heure est en tous cas venue de céder ma place et de laisser quelqu'un d'autre profiter de ce formidable système hospitalier. En partant, j'entends d'ailleurs une conversation entre mon successeur et Albanel :

- lui : vous savez, ça me gratte beaucoup l'oreille, mais comme j'ai tendance à toujours voir le drame partout!
- elle : non mais il ne faut pas monsieur!

Moment de satisfaction : mon successeur et moi avons un point commun.


Le médecin moderne a décidément un petit
quelque chose de l'agent secret  : infiltré et introuvable


14 décembre 2009  : tranche de vie (2) - intégration forcée

Ligne 13. Plaisance, 08H17 du matin. Une fois n’est pas coutume, le métro est d’humeur « caline ». C’est ça l’heure de pointe. Devant la moulinette de validation des titres, les gens s'affairent : certains ne trouvent plus leur pass, d'autres ont trouvé le leur...expiré. Tout ce petit monde s'agite, soupire et s'insulte joyeusement devant ce goulot d'étranglement, passage obligé vers encore plus de compression.

La queue devant la moulinette se tranforme logiquement en queue de marsupilami par temps de pluie, interminable et ébourrifée.
 
C'est pourtant le moment qu'elle choisit pour déboiter. D'un pas nonchalant, presque tragique et regard vers le sol, la voilà qui remonte le cortège, profitant de l'espace nécessairement laissé aux quelques rares anarchistes ayant la bonne idée d'utiliser cette station de métro comme point d'arrivée, et non comme point de départ.  Les soupirs et les grommellements redoublent, mais personne ne bouge.




Mais tu vas t'intégrer oui???????
Après quelques enjambées, la belle métisse est donc arrivée au terme de son trajet, exentrée à gauche de la moulinette. Petit regard à droite, suivi d'un déhanchement presque mystique qui l'amène à s'insérer dans la masse grouillante, face à l'étape critique du goulot d'étranglement.

Mais le mystique a de nombreux adeptes. Froidement, le jeune homme situé immédiatement derrière elle jeune, fortement typé sub-méditérranéen, pose sa main sur son épaule dorée garnie de longs cheveux noirs et lui demande des nouvelles de sa forme. Elle se retourne, jette un regard sur le sien, et reprend sa route....pas pour longtemps : à peine a t'elle pu faire un pas qu'une force irrésistible, menée par un bras ferme et convaincu, la ramène en dehors de la file.

Elle s'interroge : « mais qu'ess tu fais, tyarrête ??».

Il répond : «  je t'apprends à t'intégrer ».


5 décembre 2009  : Dix scriminations

Tu ne crois qu’aux chiffres et es pétri des doigts de l’homme. Tu as rédigé ce rapport sur la correspondance entre race et contrôle de police et tu es catégorique : la loi est mal appliquée, la discrimination est partout, et donc (évidemment) il faudrait une nouvelle loi pour te guider et rendre le monde plus juste et égalitaire.  
 
Comme Dieu est trop occupé, on s’est chargé de te les pondre, tes tables de la loi. Dis pas merci, c’est de bon cœur, promis :

TABLES DE (NON) DISCRIMINATION

 
1- Tu appelleras Geneviève de Fontenay pour déménager ton piano
 
2- Tu dragueras les moches, toutes les moches
 
3- Tu demanderas à la grosse dame noire du bus 62 de bien vouloir n’utiliser qu’un siège
 
4- Tu monteras les courses de ton voisin ventripotent du 5 ème étage comme tu le fais pour ta jolie voisine du 6 ème.
 
5- Tu auras peur des petits blonds 

contre la nature qui nous met au pied du mur de la discrimination!
6- Tu assureras la parité des magasins de vêtements homme/femme (y compris en période de soldes, promotion, destockage etc...)
 
7- Tu iras exprimer tes idées paritaires au Darfour, le coeur léger
 
8- Tu tomberas enceinte (et feras autant de gosses blonds que bruns)
 
9- Tu voteras autant à droite qu’à gauche, et inversement
 
10- A défaut de respect d’un des commandements précédents, tu te puniras, ainsi que tout ton entourage, pour cet odieux méfait

Et s’il te reprend l’idée de refaire des stats à la con, n’hésite pas à montrer la voie aux minorités visibles discriminées : fais toi oublier. Tu verras ça peut parfois aider.


1er décembre 2009 : mamma mia

"I have a dream, a song to sing". Ces premières phrases du film, tirées d'une des nombreuses chansons phares du groupe ABBA, donnent immédiatement le ton : ici pas question de courir après des nazis, de renverser un régime tyrannique, de dézoner du super-ordinateur méchant à coup d'uzi. Il faut dire que ça aurait été difficile à placer, une "machine gun" dans une adaptation de comédie musicale. Alors on va plutôt parler d'amour, d'amourS même, sur fond d'île grecque paradisiaque et de jeunesse fougueuse.
D'ailleurs question amour, tout va bien dans le meilleur des mondes pour Sophie, qui vit avec sa mère (éternelle célibataire, mais Meryl Streep tout de même) et s'affaire à finaliser son mariage avec le boys band le bon parti du coin. Mais comme si engueuler son traiteur, relancer les invités ou méditer sur sa couleur de robe n'étaient pas suffisants, la belle a subitement une idée géniale : utiliser le journal secret de son ingénue de mère, trouvé par hasard dans le troisième tiroir à chaussettes, et l'utiliser afin d'identifier son père et l'inviter à la mener à l'autel. Mais, hic : dans la période "clé", trois personnes sont susceptibles de correspondre au profil. Il faudra donc se résoudre à inviter les trois, à savoir un Indiana Jones légèrement sur le retour, un british aristo et un workman aux faux airs d'agent secret, puis les cuisiner pour dénouer la chose (le tout sans avertir maman). Bref, autant dire que l'on est dans le très léger, et les premiers gloussements de copines se retrouvant sur la plage ne sont guère encourageants pour la suite.

Mais derrière le paysage de carte postale et les personnages aux allures californiennes se dessinent progressivement des caractères attachants : une jeune fille brulante mais fragile, une maman nostalgique, visionnaire (un peu) et paumée (beaucoup), et un panel de copains/copines totalement déjantés, qui ne rechignent pas un seul instant à chausser leurs palmes et se lancer dans une marche de l'empereur en ligne en rythme sur un ponton. Sans passage d'oeuf, toutefois (l'honneur est sauf).

I have a dream, that one day...(heu non  
c'est pas ça)
Progressivement, la magie opère : c'est totalement pas crédible et souvent ridicule, c'est vrai. Mais qu'est ce qu'on se marre à observer tous ces personnages, de tous ages, de tous sexes et tendances, remuer en cadence et partager leur vision de la vie à coup de répliques choc. L'on notera d'ailleurs ici un passage particulièrement percutant lors d'une discussion entre Sophie et "l'un de ses pères", réticent au mariage :

- Non mais Sophie, j'ai été marié de nombreuses années, et j'ai fini paar divorcer. Je te promets que le mariage n'est pas le conte de fée auquel tu t'attends.
- Mais est ce que tu étais persuadé, quand tu t'es marié, que tu l'aimais plus que tout au monde?
- ......non.

Un point aussi, surtout, pour l'excellence de la bande son (ben ouais, c'est du ABBA) et surtout l'intégration magistrale de ces morceaux dans l'histoire : loin de faire toc et artificielle, comme l'on aurait pu s'y attendre, la bande son (avec sous-titres laissant apparaitre pas mal de pessimisme derrière un rythme endiablé) donne un sens et une profondeur à l'histoire. Il faut dire que les acteurs se sont prêtés au jeu et chantent avec leur vraie voix, même si tous les timbres musicaux ne se valent pas (le futur marié et quelques amants ont souffert et pris des hontes, c'est rapidement confirmé dans le making off). Mais c'est aussi ça, rendre une histoire crédible.

 
tu sais ça sent vraiment le plan foireux ton truc...

... tu vois, elle l'a mal pris!
Reste alors à suivre l'épopée d'une quasi-mariée, à la voix ensorcelante, placer un bâton de dynamite sur le passé de sa mère et de ses impétueux amants jusqu'au dénouement final. Un dénouement un peu criticable d'ailleurs, dans sa "première partie" un peu trop "et puis hop tiens on va s'arranger comme ça" (avant de repartir, heureusement, vers de l'absurde musical qui dépote et donne la pêche).

Bref du tout bon et une excellente soirée DVD, avec même une décision d'achat de la B.O en sortie. Certainement un gage de qualité pour un film musical....


29 novembre 2009 : le droit à l'oubli existe-il? (ou plus communément : peut on remédier à l’utilisation peu valorisante de son postérieur ?)

Fait tragique : les postérieurs de tout un chacun ont de plus en plus tendance à se promener sur la toile, provoquant refus d’embauche, licenciement, et parfois même un devoir d’explication peu évident face à sa moitié.

Dans ce contexte, des questions légitimes : que faire face à une utilisation jugée « abusive » de ses données ?  Que faire pour réparer une publication de jeunesse ? Au-delà des mécanismes pratiques existant sur Internet (suppression directe ou via notification au possesseur de l’information) et des dommages incurables de ce genre d’errance en terme d’image, peut on profiter d'un "droit à l’oubli" ? 

Etat des lieux législatif :

I Le postérieur : une icone protégée

Tout possesseur d’attributs fessiers médiatisés recherchera avant tout un mécanisme efficace apte à permettre une suppression rapide du dommage. Avec un peu de persévérance, ledit possesseur s’arrêtera devant l’article 9 du Code civil applicable (?) à toutes les personnes habitant en France (article 3 du Code civil) et selon lequel :

« Chacun a droit au respect de sa vie privée.
Les juges peuvent, sans préjudice de la réparation du dommage subi, prescrire toutes mesures, telles que séquestre, saisie et autres, propres à empêcher ou faire cesser une atteinte à l'intimité de la vie privée : ces mesures peuvent, s'il y a urgence, être ordonnées en référé. »

Pas de doute, le postérieur est, par nature, un élément privé. Mais cela suffit il pour actionner cet article, notamment lorsque la divulgation regrettée à lieu dans un lieu public, ou, pire, lors d’une manifestation publique.

Pour répondre à ces questions, on se tournera rapidement vers les petites notes disposées sous l’article en question dans tout Code civil qui se respecte. Des notes représentant la jurisprudence récente, ou annoncée comme récente (tout le monde étant d’accord pour dire que le Code ne comporte jamais LE cas qu’il faudrait). De là, plusieurs informations et principes pourront être dégagés :

1- l’article parle de vie, privée, mais est aussi utilisé par les juges comme base pour établir un « droit à l’image », droit plus large que le droit au respect de la vie privée (une image pouvant être publique ou privée).
2- la vie privée stricto sensu ne se limite pas à un lieu privé. L’on illustrera notamment cela en rappelant que le salarié en plein milieu d’un open space bénéficie d’un droit à la vie privée, à condition évidemment de baliser le terrain, et dans la limite de l’abus.
3- la vie privée et le droit à l’image cèdent parfois devant des principes dits « fondamentaux ». L’on notera ici, en particulier, le droit à l’information, qui fait que les droits précités deviennent opérant lorsque il s’agit de représenter « une personne publique dans le cadre d’une activité publique » (ex : le footballeur sur un terrain, un politique en tournée) ou « une personne victime, témoin ou acteur d’un évènement d’actualité » ou encore « une personne non individualisable » (le droit à l’image et à la vie privée supposant, cela va de soi, une reconnaissance possible d’une personne).

De tout cela, on ressort donc avec un principe voulu absolu, mais limité par des exceptions qui, bien qu’étant à interpréter strictement, existent.

Concrètement, l’on en déduit :

-    qu’avoir la mauvaise idée de montrer son postérieur à sa femme dans son jardin alors que Google Street View avait choisi ce moment même pour prendre un beau cliché zoomé de sa villa pour le n’est pas une malchance irrévocable. Il suffira d’envoyer à Monsieur Google un rappel de la loi et une demande de floutage (bonne humeur) ou de suppression totale (mauvaise humeur).
-    qu’avoir la mauvaise idée de montrer son postérieur en souriant dans une manifestation ou d’un défilé public, alors que les photographes sont aux aguets, pourra avoir pour conséquence la consécration irrépressible d’une nouvelle star de la presse dans un numéro quelconque, puis un classement aux archives une fois l’actualité dépassée. Restera le stress de voir le sujet redevenir d’actualité, lors d’une commémoration…postérieure.

L’on note aussi que, au-delà de l’aspect civil, le postérieur malheureux ayant à cœur de faire sanctionner l’odieux plaisantin pourra aussi bénéficier des articles 226-1 et suivant du Code pénal, applicables en cas de délit ou dommage réalisé sur le sol français. Avec une sanction dissuasive à la clé.

Un arsenal efficace donc, mais plus axé sur la réaction immédiate en cas d’abus que le le plan de la rédemption ou du camouflage, suite à une utilisation « légitime », ou volontaire.

II Le postérieur : une utilisation encadrée

Au-delà des questions de droit à l’image et de droit à la vie privée, l’on pourra affirmer que l’utilisation d’un postérieur, assortie d’une possibilité directe ou indirecte de reconnaître son propriétaire, tombe sous le coup de la législation relative aux données personnelles, voire du régime concernant les données biométriques (même si, on l'accordera, les procédés d'identification rectale sont encore insuffisament usités).

Petit rappel de la définition posée, cette fois-ci dans l’article 2 de la loi informatique du 6 janvier 1978, de la « donnée personnelle » :

« Constitue une donnée à caractère personnel toute information relative à une personne physique identifiée ou qui peut être identifiée, directement ou indirectement, par référence à un numéro d'identification ou à un ou plusieurs éléments qui lui sont propres. Pour déterminer si une personne est identifiable, il convient de considérer l'ensemble des moyens en vue de permettre son identification dont dispose ou auxquels peut avoir accès le responsable du traitement ou toute autre personne. »

Evidemment, cette législation spéciale, intervenant en renfort de la législation générale sur le droit à l’image, ne sera que dans des conditions strictes, c'est-à-dire ici en cas (i) d’établissement du contrevenant au droit du postérieur sur le territoire français et/ou (ii) d’utilisation par le contrevenant de moyens de traitement situés sur le territoire français.

De quoi provoquer quelques nausées en abordant la question de la photographie prise par satellite ou par un journaliste américain…

Mais imaginons que la loi soit applicable.

La maltraitance de postérieurs reconnaissables serait alors soumise, schématiquement, à plusieurs types de règles impératives, inscrits dans la loi. Quatre principes directeurs donnant, peu ou proue, cela :

a) tu demanderas l’autorisation du postérieur avant de le capturer. Sauf s’il s’agit évidemment de cas spéciaux, genre lui sauver la vie, gérer un impératif légal le capturer à sa demande (dans des conditions claires et strictement établies avec lui).

b) tu l’informeras de ses droits. Tu n’oublieras pas ici de lui rappeler qu’il peut s’opposer, pour motif légitime, à une utilisation postérieure (ho !) de lui-même, qu’il peut procéder à une mise à jour ou rectification. Pas de droit de suppression en tant que tel par contre, ici on ne parle que d’opposition, libre ou via motif légitime. On pourra considérer par contre que la suppression d’un postérieur est un motif légitime, quand même.

c) tu le traiteras avec respect et de façon limitée. Tu t’assureras donc ici, en lien avec l’autorisation précitée, de la conservation du postérieure en sécurité (habilitations d'accès), de son utilisation minimale par rapport à ce qui a été validé, de sa purge dès lors que sa possession ne sera plus nécessaire.

d) tu informeras la CNIL, reine des postérieurs en détresse. Selon le principe selon lequel tout traitement de données doit être déclaré ou autorisé, selon la nature du traitement, tu t’assureras ainsi de réaliser les formalités nécessaires avant de lancer ton opération. Ici, s’agissant donc d’un traitement d’une donnée potentiellement biométrique (photo) voire d’un traitement pouvant amener le titulaire du postérieur à avoir des problèmes, tu réfléchiras à l’opportunité d’obtenir l’autorisation de la CNIL.

Bref, encore une législation protectrice, possédant un versant pénal et axée sur les possibilités de lutte contre l’utilisation abusive. Mais l’on notera ici, tout de même, un aspect supplémentaire qui, au-delà de réprimer les abus, pose des règles à l’utilisation LICITE, notamment une obligation de « purge » (découlant des articles 6 et 32 de la loi, relatifs respectivement aux conditions de traitement licite et au devoir d'information du titulaire des données).

Une législation qui, au-delà de poser une limite entre l’interdit et le permis, encadre pas à pas le permis.

III Et donc ?

Et donc on s’aperçoit que, une fois n’est pas coutume, le droit français est bien fourni. Qu’il dispose, sur un sujet unique (l’utilisation d’un élément permettant de remonter à une personne) de deux corps de législations proposant une approche différente :

- une approche « respect de l’image/vie privée », qui définit une limite générale à l’utilisation libre de l’image d’autrui, et quelques autorisations spéciales dans le cadre du respect d’autres droits fondamentaux comme le droit à l’information. Une législation sous forme d’interdiction de principe avec autorisations restrictives, le tout assorti d’une procédure rapide, le référé.

Assurer sa postérité : une question fondamentale?
- une approche données personnelles, dont le champ semble assez superposable quoique plus large, remarquant qu’une une donnée personnelle n’est par forcément une donnée privée maîtrisable (ex : données de connexion, plaque d’immatriculation, mentions de condamnation pénale). Une législation qui pose sa limitation entre l’autorisé et le prohibé mais assortit l’autorisé de conditions (ex : information parfaite de l’intéressé) et de limites précises (ex : purge).

Qu’aurait t’on à gagner dès lors d’un « droit à l’oubli » en lieu et place d'une meilleure application de la loi existante couplée à une prise de conscience individuelle ? Comment concilier deux droits fondamentaux comme respect des personnes et information des personnes ?

La réponse est aux archives!


26 novembre 2009 : tranche de vie (2) - entre rire et pleurer

Entendu aujourd'hui :

- « non mais tu sais, c’est cette fête juive, pendant laquelle on pratiquait des immolations, avec du sang d’agneau et tout un tas de rites »
- « ha, la shoah ? »

Ho.

24 novembre 2009 : droits de succession

Parmi tous les ensembles juridiques existants, c’est sans aucun doute le plus complexe, le plus fondamental…et le plus drôle. C’est pourtant lui qui, depuis mon mariage et pour les, allez, soyons optimistes, 50 années qui vont suivre, est destiné à assurer mes pas. D’ailleurs les représentants du pouvoir politique (par là j’entends par pouvoir aussi bien les sournois de droite que les gigolos de gauche, hein, pas de méprise) ont ressenti mon désarroi inconscient et se sont courageusement décidés, en plus des dernières avancées incroyables de ces dernières années, à me faire profiter de tout un tas de nouvelles merveilles législatives.

Il faut dire qu’ils me connaissent très bien. Déjà, pour mon mariage, ils avaient pris soin de me faire remarquer que cet acte n’était pas nécessaire à la constitution d’une « famille », non vraiment pas. Ils m’avaient bien rappelé que, dans tous les cas (article 310 du Code civil), les enfants à intervenir (éventuellement) seraient protégés de la même manière, que je pouvais assumer mon absence d’envie de m’engager officiellement sans en craindre de quelconque retombée pécuniaire néfaste pour eux. Au pire, je pouvais opter pour le PACS (article 515-1 et suivants), régime ultime permettant d’avoir, comme dit l’adage, le « plaisir sans les risques ».

Devant mon acharnement au classicisme, preuve d’un esprit de contradiction forcené malgré une ascendance « dans le mouv », ils s’étaient résignés à me laisser faire. Après tout, et parce que je n’étais pas hérétique, juif, catholique ou terroriste musulman, j’avais bien le droit d’idéaliser connement des notions désuètes et grabataires comme la tradition, la responsabilité assumée ou tout simplement…le choix subjectif !

Mais ils avaient souhaité, malgré tout et conformément à, assurer mes pas. Aussi, ils m’avaient alerté sur le fait que, par une réforme habile (article 242 du Code civil), le fait de briser un engagement de fidélité ne serait pas, en soi constitutif d’une faute. Enfin sauf à ce que ce manquement soit, alternativement ou cumulativement, « renouvelé » (cf : se faire gauler 4 fois avec la même nana ?) ou particulièrement « grave » (cf : la sodomie ?), faut pas déconner non plus.

J’ai donc pu m’engager, le plus sereinement possible (mais non sans étapes rocambolesques – voir articles associés), sur la voie du mariage.

Aujourd’hui, et alors que le statut de jeune marié a, pour reprendre une phrase formidablement juste, « l’extraordinaire génialité de ne rien changer », je sais que je peux encore compter sur mes amis hauts placés. La preuve, je n’ai encore rien demandé que se dessine déjà tout un tas de régimes juridiques visant à me permettre de limiter la casse dans la difficile opération de « succession » auxquels sont tôt ou tard confrontés tous les couples (pour des résultats très divers).

Déjà, je sais qu’avoir un gosse, ça n’est pas super important. Enfin bien moins que de porter une capote, ce sont les affiches qui le disent. D’ailleurs, avec le progrès, je pourrais continuer à porter une capote tout en m’assurant une descendance. Evidemment, il faudra pour ça que le parlement se dépêche un peu de légaliser le recours inconditionnel à la mère porteuse, car la France est en retard. A ce sujet, je ne saurais d’ailleurs trop conseiller de rapidement tirer un trait rouge sur le principe selon lequel les éléments du corps humain sont hors du commerce (article 16-1 du Code civil) : la moindre des choses en période de crise pour aider un couple qui souhaiterait investir dans le progrès.

Mais bon, si par malheur ma femme tombait enceinte, je sais que, grâce à l’argent du contribuable, je pourrais me consoler et envoyer ma femme au planning familial, où elle serait traitée comme une grosse conne patiemment écoutée. A condition de vouloir avorter, hein, évidemment.

D’ailleurs c’est très pratique, cette histoire d’avortement. Ca me rappelle un peu, dans mon domaine, le droit de rétractation offert aux consommateurs (article L121-20 du Code de la consommation). Ici (articles 2211-1 et suivants du Code de la santé publique), le consommateur ne dispose pas de 7 jours francs, mais de douze semaines. Le temps minimum pour avoir le temps de vérifier si le modèle plait aux parents sachant que, heureusement, l’avortement peut s’opérer de façon inconditionnelle, sans avoir à donner le moindre début de motif («  ma femme s’est fait violer », « ça va briser ma vie », « je la voulais jaune et bleue »). Génial donc, même si porter le délai à 30 semaines permettrait de vérifier si la coupe de cheveux est correcte.

Mais je sais qu’il pourra arriver, malgré toutes les mises en garde et les mesures de sécurité, que ma femme accouche. Pire, il pourra arriver qu’à partir de ce moment, quelque chose de petit, fripé et moche, avec un nez reconnaissable entre milles, se mette dans l’idée de me suivre. Et là ça ne va pas être drôle.

Pas drôle car à partir de ce moment, il faudra vraisemblablement que je me résolve à rentrer dans le moule, à arrêter de vouloir à tout pris faire comme je veux, et à, enfin, accepter de m’intégrer à l’identité nationale. Et je le ferai donc certainement, pour son bien. Car ce n’est pas bien compliqué, la charte de l’intégration, ça tient en quelques principes de bon sens à appliquer tendrement au bénéfice de sa progéniture :

- Renoncer à lui apprendre l’orthographe et la construction grammaticale, facteurs de désintégration, de « discrimination négative » : persévérer dans la voie trop rigoriste du formatage linguistique pouvant faire de lui la risée du collège voire le pénaliser au bac face à un jury pétri des valeurs fondamentales de l’égalité des chances, il faudra donc que je me résolve investir dans un dictionnaire chti-catalan. De là, je pourrai lui demander de choisir quatre syllabes de son choix pour manifester la faim, la fatigue, la joie et la table de huit l’amour de ses parents. Et tout ira bien, les conversations chiantes à table à base de « qu’as-tu fait aujourd’hui » s’en trouvant incommensurablement raccourcies.

- Renoncer toute idée de lui mettre une « patte au cul » : humiliant pour l’enfant, preuve de perte de contrôle de la part du parent. Pas faux, je me rappelle d’ailleurs que mon prof de Tae-Kwondo disait quelque chose de similaire lorsque je m’avançais un peu trop présomptueusement de ses grosses mimines. Ce sera donc une simple répétition de ma propre expérience : Tuiyo Yop Tchagui (coup de pied sauté circulaire) et incrustation fossilistique dans le mur d’en face. Aussi défoulant pour le parent mais beaucoup plus valorisant l’enfant, indéniablement.

- Lui offrir un I-Phone pour la classe : il ne faudra évidemment pas oublier de lui fournir la notice avec. Celle qui lui permettra de faire grève pour « non respect des directives de l’éducation nationale » quand son prof soporifique et sournois s’irritera en observant que son adorable apprenant prend son cours de maths pour une séance de high score au « serpent » alors que les directives sont claires :

Les politiques contemporains, c'est comme les préservatifs
(i) tu ne confisqueras point au-delà de la durée du cours.
(ii) tu laisseras l’enfant innocent passer  trois SMS par cours au nom du respect des télécommunications comme liberté fondamentale (CEDH, à venir).
(iii) en cas de problème, tu penseras à offrir des couilles  demander ta mutation à ton directeur de lycée.

- Lui proposer un poste de président de l’EPAD  (abrogé)

- Permettre à Nadine Morano d’installer chez moi une caméra qui lui permettra, dans le respect le plus strict des principes constitutionnels de liberté (article 1 DDHC) de bien vérifier, caméra à l’appui, que j’applique bien les principes précédents. Et en signe de bonne foi, installer ladite caméra dans un lieu adapté au pouvoir politique actuel et aux tendances libérationnistes ambiantes.

Aux chiottes donc, immanquablement. Quel autre lieu pour ce genre de successions ?


News du 17 novembre 2009 : tant va la cruche à l'eau

Elle lui avait promis, il y a maintenant longtemps, qu’on ne l’y reprendrai plus. Malhabiles promesses qui n’engagent que ceux qui les écoutent. Tout ça n’était pourtant qu’un accident, promis, un non-accident d’ailleurs, tant toutes ses affirmations tendaient à donner à ce gros cachalot, qu’elle avait suivi jadis, les caractéristiques du lapereaux nain. L’amour aidant, il avait pourtant fini par voir, dans ses yeux et dans ceux de cette bestiole, de chétifs et innocents rongeurs. De ces animaux mignons dont le mouvement d’oreille incite à l’apprivoisement.

Mais à mouvement d’oreille larmoyant, et malgré quelques affinités marines, un rongeur n’en reste pas moins tenu par sa condition. Conne en l’occurrence.

C’est ainsi qu’elle vint un jour, jaugeant certainement l’action fine et opportune, lui demander de la suivre dans ses oeuvres artistiques. Il lui avait tellement conseillé de persévérer dans cette voie, et elle y était tellement ancrée, que les réflexes de première prudence mêmes venaient à lui échapper. Avec légèreté et volupté, sans la moindre gêne occasionnée, elle l’avait donc amené face à cette étendue d’eau infinie, dont l’aspect sombre et glacial aurait pourtant du sonner pour elle comme une sirène d’avertissement.

Il l’avait pourtant suivie en confiance, les yeux fermés.

Mais s’engouffrant progressivement dans le liquide inhospitalier, il avait senti progressivement la glace se rompre sous ses pieds.

Plus c'est gros, plus ça passe
Jusqu’à sentir ce je ne sais quoi d’appréhension, ce sentiment allié mais inopportun qui l’habitait chaque fois que quelque chose d’important se tramait. 

Il avait donc levé les yeux au loin. Il avait alors aperçu, puis reconnu, cette forme familière : cette queue sombre et imposante, reliée à une masse suffisamment nette pour ne pas donner envie de la connaître plus.

Il avait été triste, mais demeurait pourtant serein. Quelle évidence s’affichait là. Il avait donc fait ce qu’il devait, et paisiblement remis à ce jour le règlement des infortunes passées. Il s’était décidé à sortir de l’eau, et avait entreprit de se sécher. Nulle ne sait ce qu’il fit après, mais l’on ne revit jamais de lapereaux.


14 novembre 2009  : le droit de vote du crétin

C’est une personne que j’apprécie beaucoup, dotée d’un organe de réflexion très enviable. Je n’ai donc pas tiqué plus que ça lorsqu’elle prononça approximativement ces mots : « ils ne comprennent rien de rien. Et dire qu’on leur donne le droit de vote ».

Avouons : j’ai quand même été contraint de marquer un temps d’arrêt. Deux en fait, pour être précis. Un premier pour méditer à la chose et reformuler la phrase précédente en « on ne devrait pas faire voter certaines personnes, ces débiles incultes ». Un second pour remarquer que le fait de réfléchir et de reformuler une phrase m’empêchait de mâcher, et qu’il convenait maintenant de continue à se satisfaire de l’alliance formidable miel-viande hachée-sarrasin.

Les repas achevé, il fallait quand même que je me replonge sur ce sujet passionnant afin d’y apporter une réponse. LA réponse même en fait, en bon français mégalo de base. Quelques heures plus tard, je me penchais donc sur mon clavier.


le  crétin a droit à une  qualité de vie, et même le droit de la choisir librement
Sentant la bonne odeur du sujet stérile, glissant et nauséabond, j’évitais toutefois de prendre la problématique par ses pans politique et sociologique, via par exemple une longue tirade sur la pertinence ou l’outrecuidance de la suppression du droit de vote aux gens qui « ne captent rien sur rien ». Qui serais-je donc pour décider seul de l’opportunité de couper le droit naturel et fondamental de critique à un de mes semblables, aussi petit, poilu et  légumineux soit il?

Plus pragmatiquement, je m’orientais donc plus joyeusement vers un truc ressemblant à, disons, une « recherche de méthodologie pratique de sélection de candidats ». 

Car à supposer que l’on se décide un jour, pour la déconne, à mettre en œuvre un mécanisme de retrait du droit de vote, comment diable pourrait on identifier les specimen concernés ? Comment pourrait on être certains de ne pas priver un specimen éligible de son droit à la suppression civique ? Comment à l’inverse pourrait on justifier auprès d’un de ses confrères zélés, mais entrant dans le sous-ensemble des « non éligibles », de son obligation de conservation de son droit ?

Réponse évidente : il faudrait procéder à une analyse profonde et pertinente des différents candidats. Et pour éviter toute subjectivité, source d’arbitraire et de contestation, il conviendrait de procéder à une sélection via une méthode incontestablement objective. Mais comment procéder ?

Par voie de formulaire à retourner ? Non bien sûr : bien que présentant un attrait formidable, ce serait là beaucoup de paperasse non écologique et une grosse machine logistique à mettre en œuvre. En plus, par un concours de circonstances malheureuses, la réception d’un document appelant à mesurer son degré d’éligibilité pourrait causer, chez certains sujets, une certaine méfiance pouvant vicier les résultats. Voire même causer des problèmes dans la restitution du formulaire dûment complété par les sujets antidémocratiques.

Par sondage de rue ? Non plus. Trop impersonnelle, la technique d’échantillonnage ne pourrait en effet répondre à un besoin de précision et d’exhaustivité aussi poussés. De plus, la fugacité et le manque de rigueur du sondage de rue poseraient à coup sûr des difficultés dans la traçabilité durable des personnes éligibles. Sans compter les risques d’inégalité issus des conditions du sondage (météo défavorable, sondeur de mauvaise humeur ou recruté chez Greenpeace…). 

A bien y réfléchir, seule une phase de détermination instantanée dite « de masse » pourrait permettre d’éviter une rupture d’égalité au recrutement. Cette phase devrait nécessairement être inscrite dans le quotidien des candidats, pour assurer la meilleure spontanéité. Elle devrait demander au candidat une action significative permettant d’établir avec certitude son éligibilité. Elle devrait enfin être suivie d’une phase immédiate d’enregistrement afin d’éviter toute déperdition des informations acquises (car rien n’est plus désagréable que de perdre stupidement un acquis, tout le monde le sait).

Reste qu’à l’énoncé de cet ensemble de constatations et de limitations, le seul moyen d’action valable à utiliser devenait aussitôt évident : rationnel, écologique, rapide, peu cher, collectif et d’intérêt public. En un mot : IN-CON-TES-TABLE. Avec démonstration à l’appui :



Vous me direz que ce système laisse au final bien peu de titulaires du droit de vote. Je vous répondrai qu'il s'agit là du résultat implacable de l'expression démocratique.

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