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Sur la base
de la représentativité partielle des lieux
visités, nous avons tiré plusieurs constats.
D’abord, les Japonais semblent respecter la montagne.
Contrairement à beaucoup de pays d’Europe, pas de gros
rectangle immobilier au sommet d’une crête, pas
d’autoroute qui trace sur un versant, ce qui finalement assez
paradoxal avec l’état pitoyable du littoral en ville, qui
ne se voit accorder, au pire, qu’une petite ballade
piétonne anxiogène.
Comme évoqué plusieurs fois, les quartiers sont
découpés de façon assez nette entre le
centre ancien (avec les petites maisonnettes traditionnelles en
bois qui peuplent toutes les villes croisées, donc pas
besoin de faire 200 bornes en croyant voir le seul coin qui en
propose), les artères commerçantes souvent
piétonnes et animées, et les « go
buildings » façon USA (avec des commerces au
rez-de-chaussée pour éviter l’effet sinistrose),
même s’il n’est pas rare de dénicher un temple dans
une mini-city. Une autre impression est liée à
l’échelle, tant l’espace citadin semble
démesuré, que l’on parle de Tokyo mais aussi de la
« petite » ville de 100 000 habitants.
Partout, de grosses routes ou d’infinis pâtés de
maison à la hauteur limitée prennent leurs aises,
là où la construction citadine – française
particulièrement - semble privilégier la
verticalité ou le recentrage. Assez inattendu au vu de la
configuration du pays. Enfin, les paysages de campagne sont
synonyme de rizières à perte de vue qui remplacent
avantageusement les champs de blé français dont le
doré est bien moins rafraîchissant que le vert
impérial du plant de riz.
Bref, le Japon que nous avons visité est autant une
anarchie urbaine qu’un modèle de pragmatisme
éclairé.
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