| L'arrivée
sur Grenade, après quelques 3 heures de champs d'oliviers,
n'avait pas manqué de provoquer son lot de déceptions. Et
si l'ambiance "mégapole" (option anarchie urbaniste) nous aurait
presque fait dévier vers des destinations plus typiques,
une explication évidente nous avait convaincue de garder le
cap : Grenade était la première "major" que nous
abordions en voiture et il allait donc falloir s'habituer à la
traversée de ces friches immobilières permettant de
rejoindre les trésors centraux. I Realejo et Albaicin Garés, et rétablis de fait dans notre statut de joyeux piéton (moyennant moultes piecettes), le quartier du Realejo se dévoilait. Principalement constitué de rues piétonnes, ce quartier privilégié et aux allures finalement assez récentes, semble constituer le centre ville de Grenade. Jouxtant les quartiers "historiques" de l'Albaicin et du Sacromonte, il constitue de plus une véritable réserve de petits restaurants. Nous n'avions ainsi pas manqué de nous insinuer dans une terrasse bondée pour découvrir les spécialités locales : bocadillo, jamon serrano y queso. Le destin avait été cruel. Cette première déconvenue culinaire avait été suivie de prêt par d'autres claques plus plastiques ou pratiques : nos yeux, blasés par la (bien déserte) cathédrale de Jaén ou les lumineux édifices madrilènes, n'avaient fait que peu de cas de la cathédrale locale, pourtant envahie de touristes, tandis qu'un véritable festival des porte fermées verrouillait toute deuxième chance donnée au quartier, y compris à l'heure du gouter. Par chance, nos errements dans la ville, ponctués de retrouvailles avec quelques amis locaux, nous avaient ouvert les portes de monuments autrement plus aguicheurs ou atypiques. Parmi eux, le couvent de San Jeronimo, avec ses fresques impeccables et son patio aguicheur, avait su se faire apprécier. Toutefois, une analyse approfondie du plan touristique de l'hotel aboutissait sur une conclusion implacable : sans l'Albaicin, point de salut à Grenade. A l'assaut de se secteur très vertical, et encouragés tant par la star locale que par la promesse délicatement disposée de pendre notre pied une fois en haut, nous avions découvert les caractéristiques particulières de ce quartier : un véritable amas de petites maisons blanches, à la propreté/solidité parfois douteuse, entourées d'étroites ruelles glissantes qu'il s'agissait d'arpenter en prenant moultes précautions pour rejoindre le sommet, jusqu'au quartier du Sacromonte. En haut, possibilité avait été donnée aux randonneurs d'admirer un premier échantillon du trésor local et d'évoquer les conditions de sa visite le lendemain, tout en prenant le temps d'un Granité (limon) particulièrement mérité. Il fallait bien préparer le pigeon touristique à la farce à venir.... |
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II A la
conquête de l'Alhambra On peut considérer qu'il y a une part de naiveté (voire de stupidité) à ne pas réserver pour s'assurer de la possibilité de visiter un monument historique mondial dit "majeur". Toutefois, les visites du Palacio real à Madrid ou de la Mezquita à Cordoue, organisées à la volée, avaient pu convaincre deux touristes innocents du caractère accessoire d'une réservation anticipée pour l'Alhambra. Une minute de silence avait été alors été observée face à la mention "completo" du site Internet de ventes de billets avant que le patron du cyber-café explique que la politique du site était de limiter le nombre de billets disponibles en ligne, mais qu'il était possible d'acheter des billets "sur place" le jour même, à condition de se lever tôt et d'être parmi les premiers à l'ouverture des guichets directs. Il avait alors été établi que le réveil sonnerait à 5H45 du matin, pour une arrivée sur place à 7H. L'idée de négocier ayant été d'office refermée, il s'agissait alors de faire contre mauvaise fortune bon coeur....et repas spectacle de flamenco pour finir de flinguer définitivement la nuit. |
La bonne
info
La ville de Grenade est située au pied de la Sierra Nevada,
chaîne de montagne particulièrement prisée des
réalisateurs de westerns.
L'Espagne reste un premier choix pour la réalisation de films historiques (les scènes parisiennes des "Trois Mousquetaires" de Richard Lester prennent ainsi place à Tolède) |
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Le jour dit (à l'heure dite),
le destin s'étant finalement montré clément au
regard des possesseurs de carte bleues (bénéficiant de
guichets réservés), deux heures d'attente avaient suffit
pour transformer un zest d'apréhension en deux billets d'entrée bien concrets.
L'Alhambra, ses palais Nasrides et son jardin démesurés
(le Generalife) s'ouvraient alors à notre féroce attente
de merveilles....suivie d'une inévitable (bien que relative)
déception : l'Alhambra ne restait finalement qu'un grand
Alcazar, à la conservation malheureusement inégale.
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