Japan tour - day 9 : les détours de Kyoto


Il est déjà l’heure des préparatifs matinaux pour tenir les 3H de train (en mode «  réservé  », car le touriste-boulet finit par comprendre de ses erreurs). Des deux marchés de Takayama, nous choisissons celui de Jynia, qui semble dédié aux locaux et propose, surprise, une atmosphère authentique (et 7 échoppes maximum, donc ne nous enflammons pas). Nous y faisons une acquisition de bourgeois, à savoir 4 pommes énormes (+ une cadeau car les enfants sont «  kawai  »:-). Ayant encore une heure à tuer avant notre train, nous enchaînons sur le marché Miyagawa placé le long de la rivière, où nous attendent les produits touristo-centrés aperçus la veille, ainsi que quelques trouvailles culinaires de bon goût. Un atout que n’ont peut-être pas certains touristes qui, après avoir acheté leur gateau Hello Kitty, descendent sur les quais de la rivière pour proposer à leurs bambins une petite séance de «  pieds dans l’eau  ».

A ce stade, nous n’avons même plus le courage de leur demander ce que peuvent bien colporter ces tuyaux bizarres dits «d’évacuation» placés sous toutes les maisons bordant la rivière (argument uniquement utilisé pour mettre fin aux jérémiades de notre tribu qui n’a, du coup, plus du tout ronchonné), et nous rejoignons notre train. Nous saluons au passage une famille de Dijonnais dont l’itinéraire de visite semble calé au nôtre (c’est à dire sans doute à celui de l’ensemble des Français présents) et que nous n’avons pas arrêté de croiser ces derniers jours (tout cela ayant commencé par une dame s’approchant de nous avec un «  do you know where there is a supermarket… ah vous êtes français  ?  »).

Le train parti, nous retrouvons ces merveilleux paysages «  rivière-rizière-village typique  » et regrettons, une toute dernière fois, de ne pas être sortis à l’une des gares que nous croisons au passage, avant de nous reconcentrer sur notre prochaine destination, et surtout sur ce petit changement de train qu’il s’agira de ne pas rater à Nagoya, sous peine de revenir à Tokyo sans sommation. Un petit moment de stress quand le train s’immobilise soudainement, annonçant un «  retard  » recommandant aux passagers de «  revoir leurs correspondances  ». La fiabilité ferroviaire japonaise vient de nous lâcher. Quelques longues heures plus tard, Nagoya est en vue. Le train confirme son retard à grands renforts de «  sumimasen/sorry  », nous regardons notre montre. Il est 14H10, alors que le train devait arriver à 14H04, et que la correspondance passe à 14H17. Notre entraînement SNCF/RATP, notre fierté provençale et nos tickets de sièges réservés nous donnent des ailes et nous mettons donc tout notre talent en action pour progresser dans ce flot de gens pour traverser les 33 quais nous séparant de notre objectif.

Quelques minutes plus tard, de notre fenêtre, nous apercevons nos amis Dijonnais qui embarquent in extremis en arborant une gestuelle qui rappelle la prière du dernier recours. La France a réussi, nous pouvons bomber le torse. L’arrivé à Kyoto provoque un je ne sais quoi d’excitement, la faute sans doute à tous ces amis qui nous ont vanté les merveilles de la ville. Nous nous empressons donc de rallier notre guest house, dans l’optique d’y laisser nos valises fissa et de de foncer vers le palais impérial (dernière entrée à 16H30). Las. Nôtre hôte, Akira sensei, adorable au demeurant, souhaite nous présenter TOUTES les fonctionnalités de la chambre, richement dotée il est vrai. La clim, la salle de bain traditionnelle, les casiers, la kitchenette, la machine à laver privative (top luxe!!), l’étendoir, la location de vélos, nous rapprochent du savoir-faire hôtelier japonais mais plantent autant de poignards dans notre programme.

A la fin du didacticiel, alors que notre projet pourrait servir à égoutter les pâtes, nous nous résignons à remettre le grand jour à demain (en plus, en relisant le guide il est marqué que le palais est fermé le lundi, donc sans rancune) et à aller prestement dîner à la périphérie du «  carré d’or  » de Kyoto (à Pontocho plus précisément, aussi appelé «  au bord de la rivière mignonne  »), ou un artiste culinaire local récompense notre longue traversée des rues commerçantes bondées dudit carré en mettant fin à notre longue série de bentos punitifs, nous redonnant par la même foi en l’épanouissement gustatif nippon.

A la sortie du lieu, nous nous retrouvons nez à nez avec nos siamois Dijonnais  : désolé que vous ayez raté le palais impérial les gars… mais on a un bon resto à vous conseiller.
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