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Le grand « temple
day », inévitable dans une telle ville, est
lancé. Le programme est le suivant : château
impérial (nous avons rapidement traîné dans
les jardins la veille pour calmer notre frustration, pour
finalement découvrir que le jardin du palais de Kyoto
nourrit le même amour du gravillon que son homologue de
Tokyo), Nijo castle (le petit palais typique situé à
deux pas), Gion (le quartier typique bourré de temples) et
le Daitoku-ji au nord de la ville. Inutile d’annoncer que les
pieds vont mourir. Surtout, notre journée est coupée
à midi trente par une petite folie validée par le
comité des projets détonnants, à savoir la
transformation complète de notre princesse familiale,
mère de deux enfants, en Maiko de premier ordre.
Nous voilà donc en route à pas de courses vers le palais impérial, histoire de tracer droit dans les gravillons du jardin et d’arriver pile poil pour l’ouverture, sauf que….ben aujourd’hui ça n’ouvre pas. Non pas que ce soit le jour de fermeture hebdomadaire (le lundi donc, et nous sommes mardi), mais parce qu’il semble que nous entrions dans les 2 jours durant lesquels tous les édifices correspondants sont fermés au public pour cause de fête des morts (dite « O-bon »). Ah. L’on nous invite donc à profiter des jardins et à revenir plus tard (mais pas demain donc). L’on ajoute qu’il est dommage qu’on ne soit pas venus hier, car du fait de ces deux jours « chômés » (souvent pour permettre au personnel de retourner sans sa terre natale), le palais était en fait ouvert hier.... Ne sachant pas si le Nijo castle est inclus ou non dans le package, nous nous hâtons donc à son endroit, et trouvons confirmation : tarif habituel, mais sans possibilité de profiter de l’intérieur (visiblement assez standard, à l’exception de peintures dorées dont certaines sont accessibles dans un pavillon extérieur). Heureusement le jardin permet d’admirer la partie extérieure du château sous toutes les coutures et fait lui-même montre d’un certain cachet, malgré quelques barrières forcément frustrantes et quelques éléments irritants (oh tiens des gravillons!). A la sortie, une certaine satisfaction d’avoir tout de même pu apercevoir, même de façon incomplète, deux monuments maîtres de la ville, et surtout la joie d’avoir tenu notre planning (forcément). Arrivés à Gion, le temps de cheminer dans les étroites ruelles (plutôt désertes pour ne rien gâcher) afin de trouver notre atelier Maiko, nous prenons déjà la mesure de l’endroit : magnifique, empli de tempes (ouverts, tous), bordé du quartier d’or hyper animé déjà partiellement arpenté le jour précédent, et du splendide parc Maruyama qui nous lance déjà de sérieux appels de la feuille. Pour l’heure, il est toutefois temps de diviser le groupe en deux : le premier (1 personne, dit « groupe « actif »), sera destiné à passer par le crémage, maquillage, coiffage, habillage et (visiblement douloureux) serrage entre les mains de la « maiko team », tandis que l’autre (3 personnes, dit « groupe qui bulle »), attendra patiemment en grignotant un truc dans la salle d’attente le temps de permettre au groupe 1 d’apprendre à respirer par 35 degrés sous 3 couches de vêtements, une perruque et une préparation maquillage qu’envierait le meilleur trafiquant de voitures de Marseille. Au moment de la découverte, le résultat est saisissant : deux enfants qui se demandent ce que leur veut « cette dame » (avec le petit qui est déjà en train d’essayer de se faxer sous la table basse de peur de se faire emmener), un mari qui observe afin de bien être certain qu’il parle à la bonne, et une Maiko resplendissante qui leur fait de grands appels bienveillants afin de les convier non seulement à admirer le résultat de plus près, mais aussi à participer à la séance shooting sans proposer une face de hareng désabusé. Une bonne demi-heure plus tard, alors que tout le monde a remis chacune à sa juste place et que moult explications ont été données sur le pourquoi du comment (la tenue, le maquillage, les chaussures qui te détestent etc....), force est de constater qu’une vie de Maiko n’était définitivement pas la vie de fille publique facilement définie par l’occidental typique, mais bien celle d’apprentie « sachante », s’imposant de nombreuses contraintes physiques et intellectuelles afin de faire bénéficier une clientèle masculine (et fortunée) d’une compagnie intellectuelle de haut niveau. Cette expérience particulière derrière nous, la visite en profondeur du quartier historiques de Gion (avec ses multiples statuettes rigolotes...et ses alertes aux singes agressifs!) et celle du parc précité s’offre à nous, avec sa multitudes de ruelles bondés de chez bondé, et une activité toujours aussi nourrie au niveau des multiples sanctuaires qui garnissent l’endroit. Le tour du quartier piéton en contrebas du parc (le « Gion petite ruelles ») nous permet, à la lumière de notre expérience récente, de redoubler de bienveillance face à la multitudes de jeunes japonais en tenues traditionnelles plus ou moins complètes et exigeantes. Une compassion qui cède rapidement se place à une bonne grosse glace des familles dégustée dans un glacier high tech découvert au hasard des allées couvertes de Nishiki market, et proposant un révolutionnaire « bouton poussoir à effet immédiat » (tu sonnes quand tu as choisi sur la carte, tu sonnes quand tu veux payer, tu sonnes et tu as l’air con quand ton gamin chiant a compris le principe...). Le soleil déclinant doucement, nous nous ruons vers le Daitoku-ji, dont les extérieurs (superbes et tentaculaires) sont ouverts 24H/24, et flânons au gré des multiples sanctuaires qui se dessinent de part et d’autres du chemin piéton. Encore beaucoup de gravillons et peu d’intérieurs (quelques rares temples – notamment l’Imamiya Jinja - sont tout de même ouverts, va comprendre), mais une proposition qui ne se refuse pas : être SEULS dans la nuit au milieu d’allées majestueuses bordées de bambous ou de lanternes, et avoir « tout le temps qu’il faut » pour se nourrir du spectacle. Nous n’avons plus de pieds, mais ça valait le coup. |
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