|
Le lendemain de notre virée
à Kanazawa, superbe, typique mais un poil
surdimensionnée, place à une seconde vague de
fraîcheur avec Takayama, place qui nous avait
été décrite par feu notre guide de voyage
comme « incontournable pour prendre l’air de la
montagne ». Le trajet en train (un tortillard, mais
toujours impeccable) représente d’ailleurs une mise en
bouche pleine de promesses, tant les rivières (avec de
l’eau et des pêcheurs à la ligne tous les 20
mètres), les rizières (avec des plants de riz et des
épouvantails en Kimono) et les paysages montagneux (avec de
vraies montagnes sacrées dedans, quasi-vierges de toute
construction) raccourcissent les 2H30 de trajet. Au moment de
descendre du train à destination, un petit doute nous
assaille pourtant : il est de coutume pour les japonais
métropolitains de venir se mettre au vert dans leurs Alpes.
Toutefois, et pour la première fois depuis notre arrivée, où que notre regard se tourne se trouvent des visages occidentaux. Même pas un ratio 50/50 qui doublerait déjà la moyenne des derniers jours, non. UNIQUEMENT du brun à mèche, du blond à crème solaire, du roux anxieux. L’arrivée dans les rues rééquilibre un tant soit peu les choses, mais le ton semble donné : Takayama est une ville à touristes, bien plus que Kanazawa. Le problème est que l’ambiance du vieux quartier, pourtant mignon, traversé par rivière qui en jette et bordées de maisons formidablement préservées (quoiqu’un poil déjà vues pour du « Nippon d’avant »), s’en ressent fortement. Les boutiques (nombreuses et particulièrement quelconques) regorgent ainsi de Hello Kitty à peine maquillées sous des formes artisanales japonaises et vendues à prix d’or, les employés de magasins (y compris combinis!) viennent régulièrement (et très maladroitement, n’est pas Solid Snake qui veut) « faire un tour » de votre côté, histoire de vérifier que vous n’avez pas piqué un briquet ninja ou pire, une pomme. Les voitures ont tendance à avancer de façon un peu plus énergiques qu’ailleurs, signe d’un agacement éventuel du natif pour ces yankees qui imposent ainsi leur marque sans quelconque autorisation. Au milieu de cette incompréhension chaotique surnagent quelques coins sincères, comme un théatre de marionnettes automates offrant des séances toutes les 30 minutes (8 spectateurs à la nôtre, quel gâchis) ou une partie supérieure garnie de temples (et de prometteurs sentiers en colline, si seulement le panneau « attention, un ours a été aperçu ici il y a 10 jours » n’avait pas refroidi nos ardeurs). Las, nous regardons où sont ces chutes d’eau, forêts, rivières que l’on nous avait tant vendus, avant de comprendre que ces coins sont accessibles par voies d’excursions (entre 1H20 et 2H40 de bus à 60 euros le ticket – désolé madame, c’est pas une excursion ça, c’est un exode migratoire). A la recherche d’un moment typique en soirée, dans des rues dégagées de touristes, nous réarpentons les rues principales pour constater les tarifs prohibitifs des rares restaurants proposant des places (une spécialité locale est la viande de bœuf, dont l’affichage en carte permet de tripler les tarifs des sushis au saumon et des soba au poulet). Résignés à rebouffer du Bento (agrémentés de smoothies ananas-pomme, on s’embourgeoise), nous cheminons vers notre hotel, un véritable Ibis budget mais (sans le budget) qui a le bon goût de te proposer de faire ton lit toi-même dans ta chambre timbre poste avec salle de bain privative façon caravane et de fournir une salle de repas commune de 4 tables pour environ 35 chambres. Après avoir démandé à un coréen occupant seul la table de 4 s’il était possible de partager ladite table « pour nourrir nos enfants » (ce qui a eu pour effet de le faire fuir dans la seconde, il racontera sans doute à quel point les français sont des cons malpolis), nous sortons notre matériel. Le smoothie a vraiment un drôle de goût. Vérification faite, l’ingrédient principal de la mixture semble être la carotte. Les petits ont aimé mais on aurait peut être pu s’en passer. Ça vaut aussi pour Takayama. N’allez-pas là bas (sauf si vous aimez le bus). |
|
| Diaporama Takayama | Page
suivante : day 9 - en route vers Kyoto |