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Un jour spécial, car il
sera celui de notre premier déménagement. Il faut
dire qu’on s’était bien habitué à notre
Ryokan minipousse de 12 tatamis pour 4, et à nos
traversées multiples et quotidiennes du parc de Ueno pour
rejoindre la sacro-sainte Yamanoté line (la ligne
fétiChe du porteur du forfait railpass). Pour fêter
notre « dernière », une petite
halte est organisée au musée des sciences de Tokyo,
situé, comme le musée national, en plein parc.
L’occasion aussi de répondre à la question phare
« mais papa, pourquoi ya une grosse locomotive
à côté du grand bassin des pieds
mouillés ? ». C’est parce qu’il y a un
musée avec des dinosaures mon chéri.
A l’intérieur donc, s’offre une resucée du musée d’histoire naturelle de Paris, avec son lot de dinos (dont l’un des plus complets tricératops du monde), une galerie d’animaux empaillés digne de la grande galerie de l’évolution, et tout un tas d’objets (du microscope devant lequel tout le monde fait la queue pour voir keutchi, au satellite spatial grandeur nature). Notre visite se solde par un film 3d sympa à « forte attente », rythmé par une prise de bec rapide mais franche avec une famille de coréens qui n’ont visiblement pas compris ce que le mot « respecte la queue glandu » veut dire. Notre grand résumera formidablement la situation : « papa tu as vu , le gros japonais tout rond nous est passé devant ». La Corée vit donc son second moment déceptif et nous donnerait presque envie d’embrasser la cohorte de petits japonais bien en ligne à 2 mètres derrière nous, et de demander à Kim de filer quelques conseils de bon voisinage à ses homologues sudistes. La seconde moitié de journée sera consacrée à la sacro-sainte passion de la famille pour les jeux vidéo « de toutes époques », et la visite du (plus ou moins) mythique quartier d’Akihabara. Malgré les divers avertissements de « confrères vidéoludiques » (les potes de forum quoi), le constat sera amère : les boutiques vendant lesdits jeux vidéo, finalement assez rares, tirent à vue au niveau des tarifs (à l’exception notable de Book off, le Gilbert Joseph japonais, qui vend tout ce qui se lit et se voit, sur plus de six étages), et les rues sont plus garnies de magasins de peluches kawai-o-dégueulasses que de biens culturels dignes d’intérêt. L’on ressent toutefois l’esprit de groupe du clan gamer occidental, avec cet Américain croisé derrière une porte d’immeuble improbable qui nous indiquera spontanément (et adorablement après nous avoir visiblement classé comme frère d’arme), l’étage où pourraient se trouver les bonnes affaires, ou ce français qui pestera contre un quartier qui nous prend vraiment pour des pigeons sans cervelle. Ne pas en parler aux « maids » rondouillardes qui tendent des prospectus à tous les coins de rue (même à mon fils de 5 ans), elles risqueraient de confirmer. Bref, Akiba, c’est pas top, sauf pour faire une partie de Mario kart arcade, rigoler en coin en imaginant le fisco que donnerait le système de maid à Marseille et manger un bon yakisoba pour pas cher. Le sac peu rempli, mais l’estomac ravi, l’heure de rejoindre le shinkansen, direction Kanawawa et l’air de la montagne, est donc arrivée. Le guide nous ayant expliqué qu’il était « possible mais pas obligatoire » de réserver (et au vu de la queue monstrueuse devant les machines de réservation alors que le prochain train part dans 9 minutes) nous décidons de la jouer au talent. Après tout, notre trajet initial Narita airport-Tokyo nous a montré que les wagons « à réservation » étaient finalement peu nombreux, et les wagons « sans réservation » plutôt clairsemés. Nous voilà donc dans le train, assis sur nos 4 places et prêts à nous assoupir. Sauf que. Ne voilà pas que de bien légitimes visiteurs nous indiquent avoir « réservé » lesdites places, ce qui nous amène à nous confondre en excuse, ayant compris que le wagon choisi était en fait un wagon à réservation. En demandant à un aimable hôtesse l’emplacement des wagons « libres », la vérité éclate : le shinkansen ne marche PAS DU TOUT comme un express. Ici, le ratio serait plutot de 3/4 de wagons réservés, et d’1/4 de wagons libres. Forcément, avec ce ratio, notre arrivée dans le premier wagon libre (puis tous les autres) est apocalyptique : des sièges remplis, des interwagons saupiquet (avec même un gars qui dort sur le mur, comment tu fais ça toi?) et de nombreux voyageurs en embuscade dans les allées prêts à récupérer, à chaque arrêt, la moindre petite miette de siège laissée par un bienheureux arrivé à destination. Notre premier trajet shinkansen, « train du futur et modèle du monde », se fera donc en mode squat, assis sur nos valises à observer à chacun des (13) arrêts la possibilité éventuelle de récupérer un peu de dignité tout au long de ce merveilleux voyage de 3H30. L’air de la montagne se mérite, et il semble déjà manquer un peu dans notre wagon. |
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