Japan tour - day 17/18 Miyajima/Itsukushima


A jour dans notre agenda d’activités, voire un peu en avance, nous partons vers une destination qui nous fait de l’oeil depuis les débuts de l’organisation, tant les personnes y étant passées nous ont conté qu’il s’agissait là d’un plat de résistance esthétique et culturel. Et comme un bon plat n’est rien sans un accompagnement digne de ce nom, notre trajet démarre par une véritable saucée  : cordes, chiens, chats, toute la voûte nuageuse se répand sur notre face désabusée qui attend sur l’embarcadère le prochain ferry pour l’île d’Itsukushima (aussi appelée Miyajima, même si l’un ou l’autre des termes peut aussi faire référence au sanctuaire présent en son sein). 10 minutes plus tard, débarquement, et, grande surprise, plus de pluie. Ils sont vraiment forts ces promoteurs de paradis terrestres.

La matinée est propice pour visiter le sanctuaire sur pilotis, immergé donc de la matinée à la fin d’après-midi. L’occasion de répondre à mille questions sur le pourquoi d’un escalier qui finit dans la flotte, ou sur la façon dont les ouvriers situés sur le grand torii flottant (en travaux, mais il y a de quoi s’occuper ailleurs) vont pouvoir rentrer chez eux. L’afflux touristique étant relatif, les différents temples et pagodes s’enchaînent assez bien, offrant toujours leur petite particularité (un petit escalier insolite, un mini-bouddha à casquette, un passage souterrain à traverser à l’aveugle…). A la mi-journée, après une visite du superbe Daisho-in et au vu de l’énergie débordante de la troupe, décision est prise d’enchaîner sur le programme du lendemain, à savoir une «  expédition  » sur le mont Misen (avec montée à pieds anti-coréen cela va de soi, nous laisserons ceux-ci s’entasser dans le funiculaire).

Pour motiver les troupes, nous faisons remarquer que la météo du jour offre de beaux nuages dont certains cachent le sommet  : il sera donc possible, si l’on monte vite et bien (marketing parental) de «  toucher du nuage  ». Pour cela évidemment, il faudra d’abord lire les petites lignes qui annoncent 3 kilomètres de montée de marches détrempées, avec un petit panneau en prime pour se mettre un peu de pression  : «  attention aux serpents venimeux, en cas de morsure appelez le numéro incompréhensible que vous ne saurez jamais taper car vous êtes un boulet  ».

La montée est donc assez sportive (avec 5kg de flotte et jus dans le sac) mais se révèle superbe, cascade, sentiers insolites et stop rafraîchissement à l’eau de rivière congelée incluse. Le chemin parcouru, d’une durée annoncée de 1H40 (nous avons mis 1H20 avec deux trolls surmotivés qui ont bien mérité leur dessert en carton japonais à l’arrivée), est assez insolite  : si nous sommes l’un des seuls groupes à monter à pieds, nous croisons sporadiquement des marcheurs de descente, qui ont la particularité d’être à 90  %….français (et une part non négligeable du reliquat italienne, encore). A croire que les Alpes donnent un sponsoring particulier à l’endroit.

Arrivés en haut, avec trois litres de transpiration sur les habits malgré le temps couvert, nous avons atteint notre objectif  : le petit a beau ne pas y croire, nous avons touché un nuage. D’ailleurs nous sommes dans le nuage, qui se permet de couper court à toutes nos velléités de prendre une photo potable d’un panorama d’exception. Plus tard dans l’après-midi, lorsque nous nous décidons à redescendre par voie funiculotractée, la montagne nous offre enfin une petite opportunité de clichés, alors que notre retour à la base s’avère étonnant  : c’est que le temps à vite passé, et que le sanctuaire sur pilotis est désormais à sec, donnant à l’endroit un côté moins immaculé mais aussi la possibilité d’emprunter ces fameux escaliers pour aller faire constater aux loustics que ramasser un coquillage ici consiste aussi à ramasser son habitant (technique idéale pour obtenir une repose immédiate du sujet).

Par chance, notre retour à l’embarcadère est concomitant à l’arrivée d’une navette pour notre hôtel «  craquage de budget du séjour  » et nous ne perdons pas l’occasion d’aller profiter du charme du «  tout fait pour toi  », à regarder un personnel compétent transformer ta chambre du mode repas au mode nuit, t’apporter des spécialités culinaires locales ou te proposer, hésitant, un petit passage en bain public (ne vous inquiétez pas madame, les petits, ils gèrent grave désormais).

La matinée suivante est propice à une petite shopping partie matinale (à défaut d’identifier une plage potable pour tremper les pieds). Un petit moment d’émerveillement car nous faisons connaissance avec de vraies petites spécialités, au-delà même de l’over-marketé Momiji-manju (biscuit en forme de feuille d’érable disponible avec des fourrages allant du bien-vu à la tentative d’ablation de la glotte). Dans notre élan, nous pénétrons dans le «  kuma-resto  », rempli de petites peluches et plats à l’effigie du petit ours (et qui a la particularité de pouvoir te faire déguster des huîtres dans des présentations improbables tout en arrachant un bras à ton compte en banque).

De retour dans le ferry puis le shinkansen d’Hiroshima pour rejoindre l’île de Kyushu, nous entamons la discussion avec une dame âgée qui s’étonne de voir de l’européen s’aventurer si loin, avant d’offrir fièrement quelques gâteaux aux petits, qui, miracle, s’illuminent en les goûtant. Pas de doute, la région d’Hiroshima a bien son petit truc à elle  dans le domaine tabou des desserts japonais. Et ce n’est pas le salaryman placé quelques sièges plus loin, lorgnant sans vergogne sur la jupette de la maman qui ira nous contredire  : il y a toujours de la place pour un bon dessert du moment qu’il est dispo (le sien sera donc Tokyoite – un peu sec mais fait à la main :-).

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