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Alors que les pieds semblent
considérer qu’une nuit de 7 heures n’est pas suffisante
pour retirer le coefficient douleur, nous nous hâtons de
rejoindre le quartier Iwatayama pour une journée
placée sous le thème du remerciement aux petits gars
qui savent marcher 12 bornes par jour sans couiner. Notre
première épreuve consiste à gravir la
« montagne aux singes », que notre groupe
torche en deux deux (désolé le mot est vulgaire,
mais il reste très représentatif), glissant une
leçon d’humilité à des groupes
d’américains équipés en véritables
randonneurs vétérans (mais agonisants),
sidérés de voir deux bambins les dépasser
poliment en leur lançant de craquants «
arigatoooo » (ils marchent bien, à
défaut de comprendre qui parle quoi). Les règles du
lieu prestement assimilées (tu ne fixes pas le singe, tu
n’approches pas le singe, tu ne shootes pas le singe, à
moins de vouloir te retrouver avec un singe pendu par les dents au
bout de ton doigt), la maisonnée joue au touriste
bienveillant et achète quelques victuailles auprès
du personnel de l’observatoire du sommet, puis les distribue
à des animaux vraisemblablement aussi apeurés qu’un
jeune au Macdo, et qui n’hésitent pas, une fois repus,
à te donner le cliché extra que tu es venu chercher,
ou à te montrer leur trou du cul en s’éloignant.
De retour sur le plancher des vaches, d’aucun me fait remarquer que le domaine semble être bordé de temples (oh tiens!). Rappelant que cette journée est censée garantir l’équilibre de la force, un deal est passé : deux heures de « temples » se négocieront contre une expérience au « owl and cat café », proposant comme son nom ne l’indique pas un parcours « découverte du hibou » (où le hibou censé se laisser caresser du dos de ta main finit tendrement pendu par le bec au bout de ton doigt), ainsi qu’une zone « cat friendly » qui permet à un chat de profiter de ta présence payante pendant 30 minutes pour t’utiliser comme hammac. En fait de café, tu as le droit de prendre une boisson à la machine. C’est pas très bon mais tu bois en caressant une bestiole, ce qui te remplit quand même d’allégresse à défaut de truc vraiment potable. Nos cervicales remises, nous découvrons le quartier Arashiyama, architecturalement assez similaire au quartier du Daitoku-ji (sauf que là il fait jour, et que le quartier propose sa petite nuée de commerces qui aiment fort fort fort le touriste, jusqu’à tenter de rendre payant le papier de la zone toilettes). Les temples sont classiques (mode blasé du temple activé), avec des intérieurs bien basiques en mode tatami qui sent le pied, le petit jardin qui va bien, le héron de la communauté de commune qui prend la pose, et, pour certains, le petit bonus qui en jette. Mention spéciale au Tenryu-ji qui te saigne à répétition à l’entrée mais te laisser accéder à un plafond peint muni de son dragon des nuages à 5 griffes (celui que personne ne pouvait peindre à l’époque sans se faire zigouiller asap) et qui te regarde où que tu sois dans la salle (ce qui aussi été fait, entre autres, par la Joconde, mais sans le côté grosses griffes). Le reste de la visite se compose d’une bambouseraie (sympa, avec des « pansements » apposés sur certaines branches certainement optimisées au cutter par des compagnons de France avides de dévoiler leur art) et de passages à niveaux « à l’ancienne » et hypnotiques, dont la signalisation alentour promet une belle amende à quiconque aura l’idée stupide de faire un selfie sur les rails sans se voir rayé de la carte par Charal, déesse de la sélection bovine. Après une halte pour découvrir le concept inhérent au « tofu burger » (un truc naze - la partie féminine de la famille l’avait bien dit qu’il fallait prendre des udon), et un commencement de pluie aidant, décision est faite de suivre la recommandation de notre entouraget de retraverser la ville (15 minutes) pour aller voir le musée du train et rendre un vibrant hommage à un système qui comprend l’adage « à nous de vous faire préférer le train ». Sur place, wagons réels (tu peux passer dedans, dessus et même dessous, si c’est pas formidable), maquettes, spectacles (!) et démonstrations interactives pédagogiques (faire accélérer un train, freiner un train, relier un caténaire à un train) nous font regretter l’absence d’un tel investissement en France, où une animation basée sur le bottage d’arrière train de Guillaume Pepy aurait sans doute son petit succès. Poussés vers la sortie pour la fermeture, nous dégageons à contre-coeur, sans avoir pu tester le tour en véritable train à vapeur, ni avoir pu acheter le bento Shinkansen qui avait grave la classe, même si je suppose que cela ne saute pas forcément aux yeux dit comme ça. |
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