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A l'aube du sixième
quatrième
jour, il flottait à Cordoue comme un parfum d'excitation. Cette
vigoureuse sensation, qui aurait parfaitement pu saluer notre
capacité extrême d'adaptation en milieu hotelier hostile
(dénué de tout équipement d'étendage digne de ce nom),
résultait en fait du miracle qui s'était promis de s'accomplir :
la transformation de deux innocents touristes en véritables pilotes et copilotes de choc.
Cet abandon lâche du réseau ferré espagnol, pas forcément souhaitée, se posait en fait comme un mal nécessaire afin de fluidifier le reste de notre périple et plus particulièrement pour rejoindre notre prochaine étape : Jaén, située en pleine montagne (là où les trains, non dotés de petites cornes et de sabots rageurs, peuvent parfois ne pas aller). Pour rendre doux ce passage à la vie routière, l'agence Avis locale avait soigneusement mûri la sélection de notre titine locale, et nous avait finalement confié Ibiza, douce compagne et véritable fierté nationale de son état. En pratique, la belle, relativement fougueuse mais particulièrement maniable, avait eu tôt fait de nous mettre à l'aise, constituant dès lors une compagne particulièrement valorisante sur le terrain de jeu routier qui s'offrait à nous. |
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| Nous
avions d'ailleurs rapidement constaté à quel point la maniabilité
d'Ibiza
allait se révéler vitale (mais non suffisante toutefois) pour se
dépatouiller d'un réseau routier à la conception stratosphérique, avec
ses feus rouges sortis de nulle part, ses sorties d'autoroutes
surprises et ses petits cadeaux vicieusement placés. Tout ça
pour dire
qu'après une bonne demi-heure passée à identifier la sortie de
Cordoue afin de rejoindre la Autovia (autoroute gratuit, au contraire de
l'autopista, payante), nos efforts conjugués nous avaient mené ici,
nous signifiant par là-même que le trajet allait gagner en typisme ce
qu'il allait perdre en vélocité. Il nous avait fallu deux heures
trente
pour rejoindre la ville. Enfin sur place, les promesses alléchantes du guide bleue allait vite fondre comme neige au soleil, et un rapide tour du centre ville confirmait que le seul monument digne d'intérêt était la cathédrale, magnifique certes, mais tout de même un peu seule pour mériter un tel détour. Heureusement, la chance du jeune itinérant étant avec nous, nous avions pu nous retrancher au Parador de Jaen, aménagé au sein de l'ancien Alcazar de la ville, lui-même situé, fort logiquement, en surplomb de la ville. |
La bonne
info
L'Espagne est le premier producteur mondial d'huile
d'olives, et
concentre 80% de ses oliveraies en Andalousie.
Les récoltes, réalisées vers novembre, n'empêchent pas les touristes égarés de cotoyer toute l'année des panoramas surrealistes le long des routes des heures durant. |
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Il n'est donc pas faux de dire que
la plus belle surprise de Jean
repose finalement dans son Parador, qui non content d'offrir aux
résidents son lot de vues vertigineuses, dispose d'un excellent
restaurant et autres équipements
luxueux. L'apothéose restant très évidemment le petit paradis intégré à l'hotel, livré
avec sa piscine et son lot de touristes
cosmopolites, sur fond de secheresse et de cagnard
extrême.
Un paradis articiciel certes, mais assez inattendu et revigorant pour laisser son empreinte particulière dans le voyage. Faire son bourgeois, ça fait parfois du bien. |
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