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Madrid est
indéniablement une ville attrayante, d'autant plus d'ailleurs
pour le blasé parisien et ses idées
préconçues sur la suprême magnifiscence de la ville
lumière. Le trajet en métro pour rejoindre le centre
à partir de la gare donne d'ailleurs le ton : rames modernes,
desserte complète, hygiène impeccable, places assises
à foison font que, sans nul doute, les quelques 3 500 000
habitants madrilènes feraient bien des envieux dans une autre capitale pas si lointaine.
Quelques pas dans la ville confirment que les quatre jours d'escale prévus seront pleinement nécessaires pour découvrir Madrid et quelques pépites de sa région. I Le centre : Sol Une fois dans le centre, la fameuse plaza del sol (que l'on évoquera en disant "plassa" et non "pladza" sous peine de fâcher le natif) s'impose rapidement comme LE lieu incontournable. De fait, cette place, véritable place névralgique (et commercial) du centre piéton madrilène, reste logiquement noire de monde à toute heure. Pour l'observateur intéressé, cette place, bien que proposant quelques pièges culinaires locaux à éviter à tous prix, sonne comme une chaleureuse invitation à découvrir le rythme de vie local. Investie tant pour le petit déjeuner (entre 10h et midi) que pour les apéros (entre 12h et 14h) et autres déjeuners sur le pouce (entre 14h et 16h), la place sert de point de rendez-vous privilégié aux adeptes de festivals nocturnes de tapas (petits plats individuels typiques) et raciones (= tapas maous costauds), de 21h à plus de 2 heures du matin. Dès lors, entre les séances photos devant l'emblême de la ville, les spectacles ambulants de toutes sortes et les groupes de touristes, il n'est pas rare de vouloir glaner un peu d'air et de rejoindre les rues adjacentes, emplies d'une multitude de petites terrasses où des touristes anglais terminent leurs desserts à côté d'une table d'hispaniques entamant leur seconde tournée de "cervezas" pré-dinatoire. Mais plus qu'à la qualité de ses ballades gastronomiques, Sol doit son succès touristique à son positionnement privilégié entre les grandes attractions architecturales de la ville. C'est ainsi que la place permet de rejoindre assez rapidement les majors que sont le "palacio real" et le "parque del buen retiro" (détaillés ci-après), tandis qu'une translation un chouia (voire deux chouias) plus longue permet d'admirer la Plaza des los torros et son arène ou l'incontournable basilique San francisco El Grande. Bref, à condition d'être un minimum courageux (et de respecter les horaires de visites pas toujours très clairs), tout se rejoint à pied à partir de Sol : que ce soit à grand coup de ballades dans des rues typiques (chemin vers le palacio ou la basilique), ou de grands boulevards (chemin du parque et de la plaza), le métro pourtant impeccable de la ville reste bien moins attrayant qu'une escapade au soleil dans les rues immaculées de la ville, bien que laissant parfois apparaître une certaine fierté nationale. La coupe du Monde 2010 a laissé des traces. |
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| II Le Palacio real Après quelques déambulations, qui montrent à quel point il peut être facile de se perdre dans une grande capitale lorsque l'on n'a pas le sens de l'orientation, le tumulte des petites rues cède rapidement la place à la démesure, lorsque une place immense vient séparer un cathédrale imposante (la cathédrale de la Almuneda) du Palacio proprement dit. L'occasion de ressentir à mes côtés une certaine effervescence, preuve de l'intérêt particulier du lieu. Et si le "no foto" disposé à l'entrée interdira à quiconque de témoigner par ses propres faits photographiques de l'extraordinaire aménagement intérieur du Palacio, les quelques vues imprenables prises ça et là peuvent témoigner de l'intérêt ressenti à l'égard de l'édifice, bien plus impressionnant (tant en terme de qualité de visite que de finition artistique) que d'autres palais précédemment visités. Comme le château de Versailles, pour ne citer que lui. |
La bonne
info Le
symbole de Madrid, la statue "l'ours et l'arbousier" , est
situé sur la plaza del sol.
L'utilisation de la figure de ces symboles serait tout simplement due à leur forte présence au moyen-age. A noter que sur le dos de l'ours figurent des représentations des constellations de la Grande Ourse et de la petite Ourse. |
| III El
parque del buen retiro La
découverte des grandes avenues menant au parc, même moins
typique que le cheminement jusqu'au palacio, permet quelques
égarements
de la rétine. De belles façades aux équipements insolites à la
traduction incertaine, le chemin offre même une petite vue
sur quelques
pépites avant l'arrivée à destination.
A l'entrée du parc, la
quasi-absence de coins ombragés invite rapidement le
marcheur à s'enfoncer au coeur du lieu jusqu'au lac central, orné de son édifice central et de ses buvettes à
touristes (bocadillo, jamon serrano y queso). Là, prenant exemple
sur la faune locale rompue à l'exercice, le mode farniente est de rigueur, tant pour le
marcheur accompli que pour la marcheuse invétérée.
Un effort supplémentaire permet de
rejoindre un jardin botanique évoluant au gré des fortes
chaleurs, jusqu'à atteindre le très planqué palacio de crystal,
que l'équipée touristique a décidé,
à l'unanimité, de plus considérer comme un
aboutissement de ballade que comme véritable centre
d'intérêt architectural.
Sur le chemin du retour, dans un véritable sous-bois façonné par l'homme livré avec ses bestioles sympatiques, force est de constater que le Parque del buen retiro constitue un véritable palais de verdure dans le centre ville, où il fait bon roucouler et qu'on aimerait bien ramener chez soi. IV Lapothéose : el Escorial Il faut du courage pour se lever de son lit à l'aube après trois jours de marche, même pour aller visiter LE monument espagnol. Il en faut encore plus quand l'on sait qu'il faut pour rejoindre ledit monument, environ 40 minute de métro et 1H de bus régional, et que le temps est propice à l'arrosage de touristes. C'est pourtant dans ces conditions, et avec un apareil photo en fin de batterie, que l'équipée touristique s'est rendue sur place. Du fait des problèmes de batterie et du "no foto", une seule et unique photo mais trois commentaires : - Un coup de gueule tout d'abord vis à vis des promoteurs immobiliers qui ont proprement saccagé les alentours de l'Escuriale pour bâtir tout une floppée de lotissements façon "rose bonbon". Moche, minable, le mauvais côté de l'immobilier espagnol. - Un autre coup de gueule ensuite sur la qualité des restaurants locaux, touristiques certes (bocadillo, huevo frito, paella....) mais d'une qualité hygiénique plus que douteuse, à base d'indigestion et de sensations pas très enviables. - Mais quand même un grand respect pour l'oeuvre que représente l'Escuriale. Imposante à l'extérieur, fascinante et raffinée à l'intérieur, entre ses quartiers d'habitation agréables mais plutôt austères (à l'exception des appartements de Felipe II bien évidemment) et le contraste avec les luxueux des lieux de culte (notamment la chapelle et le patio principal). Sans nul doute l'apothéose du séjour madrilène, malgré l'insurrection gastrique locale. |
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