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Le matin du grand départ
pour Tolède, et le réveil allant avec, nous avait bien
fait comprendre à quel point nous adhérions aux valeurs
de notre consigne de chambre d'hotel.
Sur le chemin de la gare d'Atocha, pourtant pas bien loin de Sol, notre valise roulante sur nos traces, il avait été difficile de ne pas évoquer le confort de l'hotel, et l'imbattable rapport qualité-prix. Mais l'envie de visiter la citadelle nous avait fait troquer notre nid douillet pour la promesse de longues heures de marche, et le confort du "train dragon" de la Renfe (places confortables, film gratuitement diffusé, écouteurs individuels) donnait encore à notre côté bourgeois la faculté de s'exprimer pleinement. |
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| Après
une
heure dix de train, nous avions ressenti quelque tristesse à
ne pas connaître le sort de Sidney Young du "un Anglais à
New York" diffusé en version espagnole non sous-titrée.
Mais cela avait finalement été une bonne chose (une
recherche faite plus tard en France nous ayant démontré
que le début du scénario n'avait pas vraiment
été compris, nous condamnant de fait à ne rien
piger à la fin de ce grand film d'auteur, cqfd). Arrivés sur place, le caractère de citadelle de Tolède (mais pas de sa gare de train) nous avait donné un aperçu des festivités, qu'il fallait toutefois se donner la peine d'aller chercher. Car, disons le sans détour, Tolède, en ce qui concerne sa partie historique, c'est avant tout (et surtout) ça, et parfois, pour le chanceux qui sait regarder autour de lui, ça (voire éventuellement ça). De fait, Tolède est une véritable cité fossilisée, où se mêlent, comme cela sera souvent le cas dans la région, des oeuvres aux origines particulièrement variées sur fond météorologique sec et pas forcément hospitalier de prime abord. |
La bonne
info
Le Mazapàn de Tolède est une préparation de type
pâte d'amande qui fut mise au point par les Nonnes de Saint
Clément pour se protéger d'un siège des arabes au
XIIIe siècle.
Aujourd'hui, c'est une friandise sophistiquée et très consommée à noel par l'ensemble des Espagnols. |
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Le centre de la ville (tout en
haut :-) abrite ainsi plusieurs petites
synagogues, une grande mosquée (en travaux à notre passage),
une cathédrale, un Alcazar et un monastère...
Tolède
se surprend donc à proposer, pour une ville qui apparaitrait
aujourd'hui comme
une petite ville (80 000 habitants), une architecture
léchée du sol
au plafond
parsemée d'oeuvres monumentales (dont
le monastère de San Juan de los Reyes, diaporama
disponible ici,
est l'exemple parfait). Le tout sur fond de ruelles labyrinthiques au nom parfois évocateur et de panoramas nocturnes
particulièrement attrayants.
Surtout, la ville, bien
qu'enhahie par des hordes de touristes et proposant son lot de magasins
touristipiques ou de "resto frito", reste largement
occupée par des locaux aux préoccupations bien
concrètes. Autant d'artisans qui entretiennent la réputation
de la ville. Les créations en "or de Tolède" sont ainsi
disponibles à chaque coin de rue, tout comme les articles en
faience. Une petite ballade en ville permet d'identifier la
troisième grande spécialité de Tolède : le
Mazapàn, confiserie aux multiples variétés et
fortement appréciée tant par les touristes que la
population espagnole. Une spécialité servie dans le petit café de "las monjas", portant bien son nom et qui constitua notre retraite
principale durant tout le séjour.
A l'heure du départ, nous bénéficions donc d'une vision claire du coin : Tolède n'est pas une ville à touristes, ni un fossile historique à la gloire passée, mais une véritable petite mine d'or ayant trouvé les ressources pour se faire une belle place contemporaine. Il restait deux boites de "surtido de Mazapàn" pour nous convaincre de poursuivre le trajet sans s'attarder un jour de plus. |
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