Worlds appart - la tête dans les cartons


Nous nous étions lancés avec le plus grand des dynamismes dans la gestion de déménagement. Notre échauffourée avec le « vieux con télévisé » et l’agence qui avait omis de nous signaler que le paradis n’était pas livré avec son indispensable sonotone s’était finalement soldée sur un accord amiable, par nullité du bail, en seulement une semaine (le temps d’appeler 11 fois, de laisser 8 mails, trois fax d’avertissement et un recommandé de mise en demeure). Le directeur de l’agence avait qualifié ça de « suractivité locative », nous nous étions contenté d’appeler ça « une affaire rondement menée ».

Les agences indélicates, on savait y faire, merci. Restait toutefois à tout reprendre du début, et à se « magner la bretelle » au vu de l’avancée déjà conséquente du préavis de fin de bail. L’affaire s’était toutefois compliqué lorsque le sujet de « l’achat » était venu se poser. 


Pack girafon, une raison d'être

Non pas que la chose allait changer fondamentalement nos projets (on n’achète pas en un mois et demi, même en mode « rondement mené »), mais la question trouvait toutefois un écho particulier suite à cette simple équation de principe, posée par un ami à la calculette facile, entre location et achat d’un T3 en proche périphérie sur une durée de 10 ans. Le calcul était à peu près le suivant :

Locataire : 900 euros de loyer par mois.
Avantage : souplesse financière et géographique. Possibilité d’appeler SOS propriétaire en cas de problème (sans abuser évidemment, un cafard sur le balcon n’est pas un « problème »).
Inconvénient : 108 000 euros évaporés sur dix ans. 216 000 sur vingt ans. Accès plus difficile au crédit une fois atteint l’ « âge avancé » (+ de 30 ans).

Propriétaire : 1500 euros de crédit par mois. 18 000 par an. 180 000 sur 10 ans. 360 000 sur 20 ans.
Avantage : acquisition du même bien que celui loué au bout de 15/20 ans. Possibilité de l’aménager en salon du moche si souhaité puis de le revendre.
Inconvénient : responsabilité supplémentaire. Crédit à rembourser avec une partie en fumée (60 000 euros sur 20 ans, afin de nourrir notaires et banquiers).

Le résultat tournait inévitablement, tout du moins sur un plan financier et pour un profil parisien stable (au moins 10 ans de « vissage » avec situation financière stable souhaitée), à l’avantage de l’achat. Il était tout d’un coup devenu très probable que, comme pris de nomadite aigue, nous participions à répétition à l’enrichissement personnel des entreprises de déménagement des environs : un déménagement vers un « pied à terre locatif » suivi d’une migration opportune et mûrement réfléchie vers le « nid de l’hirondelle ».

Bien loin des cieux propices entrevus au loin, nos cartons avaient toutefois eu la bonne idée de lester un peu le projet pour ce qui concerne le court terme : le dernier déménagement en date ayant lamentablement échoué à 2 jours de l’échéance, nous étions pour le moment promis à un bivouac « cartoonesque » pas forcément souhaité dans notre  cave à champi actuelle. C’était alors une bonne nouvelle que d’avoir oublié de résilier le gaz et l’électricité.


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