Worlds appart : le pied à terre


J’étais arrivé à Paris un petit peu « à la barbare », comme dirait le jargon marseillais, dans le simple but d’assurer des entretiens pour de dégoter un stage (oh) rémunéré (olà) et intéressant (aieaieaie) de juriste débutant (roh la criiiiise). J’avais achevé mes études de droit par un double majorat dont j’étais très fier, mais savais que la route s’annonçait caillouteuse devant moi, tant la profession juridique est sinistrée. Défiant tous les pronostiques, l’opération « premier job » m’avait pris, en tout et pour tout…une journée. La « chance du débutant », sans doute. Celle que je ne manquerai pas de souhaiter à tous les juristes qui débutent aujourd’hui.

Je m’étais donc hâté de retourner dans ma province natale afin d’y récupérer « le plus nécessaire » et de « faire mes adieux » à toute ma tribu (qui me pardonna jamais ce départ catapulté, mais tant pis pour eux).

J’avais ainsi géré l’aller-retour Paris-Marseille comme un arrêt au stand de F1 chez Ferrari tandis que ma formidable compagne, déjà sur place, mettait en place, à mon endroit, ce que l’on nomme communément un « point de chute ». Devant la faiblesse financière de mon cas, et la présence d’une colocation « complète » liant ladite compagne avec plusieurs de ses amis, ce point de chute allait se concrétiser par un procédé de « sous location », illégal cela va de soi mais formidablement adéquat. Profitant donc de l’absence estivale d’une de ses amis, je m’étais faufilé avec son accord dans ses murs, me substituant à elle dans le paiement de l’implacable loyer. Une « solution cabane en attendant mieux ». L’aventure n’avait d’ailleurs pas été déplaisante, et a sans doute constitué ma meilleure expérience immobilière avant bien longtemps.

Profitant de ma « garçonnière tout confort » à prix imbattable, j’avais donc lancé ma « carrière professionnelle », avec toute la force désespérée d’un étudiant devant bosser pour bouffer et ne pouvant pas prétendre à quelconque aide de l’Etat (chômage, APL, RMI/RSA et autres) ou de qui que ce soit d’autre (sans rancune, presque). En parallèle, nous nous étions hâté de trouver une solution de substitution durable à ce radeau de fortune. L’idée d’une intronisation dans la « coloc » de ma compagne semblait logique, et avait aussi le mérite de représenter la seule solution possible. Nous avions donc vite concrétisé la chose. La période estivale se terminait.



Atypique, risible, pas pratique...mais chez soi!

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