A l'affiche


12 février 2009 : corps à corps crispé

Le mouvement s'accélère. Je le suis, sans broncher. Elle a l'air assez tendue, mais bon c'est normal, il commence à se faire tard.

Trois mètres. Un flash : bordel, tu les as encore oubliés. C'est vraiment pas de chance. En plus, à tous les coups, elle va finir par croire que tu le fais exprès, juste pour l'énerver ou la provoquer. D'un autre côté, pas question de tout abandonner et de repartir. Après tous ces efforts, pas moyen. Et puis je le vois déjà, l'autre gominé et ses grandes oreilles, qui n'attendent qu'un signe de faiblesse pour m'évincer. Non allez, tant pis, je tente le coup comme ça on verra bien.

Deux mètres. Et puis ça me gonfle, moi, cette idée fixe, cet acharnement à vouloir nous rendre dépendants de ces trucs. Non pas que je remette en cause leur utilité ou leur importance, évidemment, mais c'est un peu lassant à force, de voir partout des affiches de gens souriants et décontractés légendés “Ne sortez pas sans eux”, “pensez à vous et aux autres”. Comme si on en avait besoin, comme s'il était important de nous la mettre bien en face, cette nouvelle incursion du bon sens et des bons conseils dans notre vie privée.

Un mètre : bon, de toutes façons il va bien falloir lui expliquer. Ou peut être feindre la surprise au dernier moment. Non, elle va croire que tu la prends pour une buse et ça va charcler encore plus. Peut être la jouer honnête. Oui. Dis lui clairement que tu n'y penses jamais parce que ça te gonfle de ramener ce truc, que l'idée même de l'utiliser te démotive. Après tout elle peut bien le comprendre, elle qui a le beau rôle : qu'elle essaye, elle, qu'elle se rende compte comme c'est moche et pas pratique avant de critiquer. Mais évidemment, comme seule réponse, elle te sortira le bon gros refrain du “tout le monde fait comme ça et tout le monde y arrive” et son couplet moralisateur complémentaire et inévitable : “c'est rentré dans les moeurs et c'est important, il faut s'y faire, c'est tout”. Il faut s'y faire, oui, mais ça me gonfle. D'ailleurs, c'est une évidence : ça doit au moins gonfler tous les mecs, le fardeau que ce truc représente.

Encore trois pas, arrêt complet. Nous y voilà, yeux dans les yeux, avec grandes oreilles juste derrière moi, l'air nerveux. Je me lance. Il faut s'insérer, vite.

- “Bonjour, vous auriez quelques sacs plastiques?”

- “Vous savez, il faut prendre des sacs réutilisables maintenant”.

- “Oui oui, j'y pense, j'en ai déjà d'ailleurs, mais je les ai encore oubliés à la maison. Faut dire qu'ils ne sont pas très pratiques à trimballer, quand même. Prochaine fois! (sourire de betterave).”

- “Vous savez nous on a consigne de faire baisser la consommation de sacs pour habituer les gens aux sacs réutilisables. Bientôt de toutes façons il n'y aura plus que ça, alors il faut s'habituer. C'est important, il faut s'y faire, c'est tout.”

- “effectivement, oui oui, héhé, (tendinite naissante au niveau des maxillaires)”.

Léger blanc. Moment fatidique. Elle dépose enfin les sacs sur la banque. 5 sacs. Bien joué, tu as été convaincant. Tu emballes vite , tu t'éloignes. Grandes oreilles te lance un regard vide. La bonne blague : lui aussi a oublié ses sacs réutilisables, lui aussi est blasé de devoir faire le jambon cru pour obtenir trois pauvres sacs plastiques sans déclencher une polémique internationale. 


Halte à la surexploitation des matières plastiques qui souffrent
Bon prince triomphant, tu lui fais quand même remarquer qu'un de tes trophées gît encore sur la banque. Solidarité masculine oblige. Le reste t'appartient.

10 février 2009 : champion du monde

Quelle chance tu as. Tout le monde te le dira, d'ailleurs, que tu es le plus veinard de la Terre. Observe donc : tu es dans la patrie des droits de l'homme, et pas n'importe où! Paris, la ville lumière de la France, la France même en fait pour pas mal de gens. Alors au lieu de te plaindre de ta situation, de dire que tu trouves que les choses ne vont pas très rond, respecte les un peu, applique les comme il faut, les droits de l'homme. C'est si simple, rappelle-toi :

- Tu es libre d'avoir des convictions et de donner ton avis. Tu fais ce que tu veux, vraiment. Bon après si tu es assez stupide et arriéré pour être catholique, contre l'avortement, contre la contraception, contre l'euthanasie, pour le port libre de signes religieux et pour manger gras, sucré et salé, c'est ton problème. Et ne va pas dire que tu ne reconnais pas dans ce jeu du pour ou contre, que ton histoire et ton opinion sont plus complexes que cela, plus en nuances. C'est la moindre des choses de donner son avis : blanc ou noir, vrai ou faux, coche la case qui ne te correspond pas. Ne fais pas de réthorique absurde.

-Tu peux voter. C'est important d'exercer ce droit, on s'est battus pour ça. Ne pas voter, c'est tuer la république, c'est renier les enfants morts pour la patrie, bouh, c'est mal. Alors bouge-toi, va voter. Mais si, c'est un droit, promis. On n'irait pas t'obliger, tu penses. Mais ce serait vraiment un retour aux heures les plus sombres de notre histoire, si tu ne le faisais pas, avec ton motif d'inculte bidon. Et puis tiens : quand tu seras redevenu hyper intelligent et que tu iras voter, n'oublie pas que l'histoire compte sur toi, alors vote bien pour le gentil et pourris bien le méchant : tout ce qu'il pense, le méchant, c'est forcément 100% nul et il faut cracher dessus.

- Tu peux exercer le métier de ton choix. C'est aussi ça, l'abolissement des corporations. Sans compter qu'avec la libéralisation de la connaissance et ton master 2 de pêche traditionnelle de la truite qu'on a eu la bonne idée de te conseiller, c'est gagné d'avance. Ha les études, quel biais magnifique pour réussir. D'ailleurs j'arrête pas de le dire, on devrait le donner à tout le monde, ce master 2. Il y en a marre de réserver les diplômes à l'élite. 

- Tu es innocent, sauf si un juge fortiche se base sur des éléments prouvant que tu ne l'es pas et te condamne. Mais tu dois comprendre que l'on doit aussi informer le public. Alors il faut que tu comprennes que les médias doivent en parler, de ton affaire. Ils ont aussi droit de donner leur avis, évidemment. Mais ils ont pensé à tout et pour bien respecter ton droit, ils vont bien indiquer au public qu'ils disent des trucs, mais que c'est pas certain. Simple question de vocabulaire. "présumé", " probablement", "supposé", "vraisemblablement". Voilà, c'est plus clair comme ça : "le présumé terroriste est supposé avoir déposé sa bombe vers 8H47, vraisemblablement parce qu'il détestait les juifs". Mais souris donc aux caméras, aussi bien dans quelques jours tu seras libre, innocenté, et tout le monde t'aimera.
- Tu peux te déplacer comme tu le souhaites. Ne le vois-tu pas, tous les matins, dans le métro ou le bus? alors pourquoi tu les critiques, ces 6 jeunes à capuches qui mettent leur poste radio à fond. Tu voir bien que ça ne gêne aucun de ces gens, trop occupés à regarder leurs pieds. D'ailleurs arrête de te plaindre parce qu'on marche sur les tiens, de pieds. C'est pas croyable ça, c'est un transport EN COMMUN ici, ça nécessite d'être TO-LE-RANT. Si tu n'y arrives pas, t'as qu'à y aller à pied. Et vire tes cinq gros sacs de voyage de là : c'est marqué "poussettes" ici, pas "gros sacs de voyage lourds". On n'y arrivera jamais si tu continues à faire ton sale privilégié alors que l'on tente d'aider ceux qui en ont besoin.

- Tu as le droit d'être protégé par l'Etat et aidé dans ta quête des droits de l'homme. Et, sois-en certain, on a sorti la grosse artillerie pour t'aider : la HALDE, la LDH, le Planning Familial, la Police, les IUFM. Partout, tu trouveras un allié pour te rappeler que l'étranger a des droits, que la personne de couleur a des droits, que le mourant a des droits, que l'élève a des
droits, que la mère a des droits. Par contre si tu es déjà un enfant gâté, qui a fait des études, travaille, paye des impôts, ne ressemble à rien de particulier et se demande pourquoi son argent est utilisé pour construire des trains neufs prêts à tagger, comprends qu'il est normal que tu rases les murs, fasses profil bas et acceptes parfois quelques remarques un peu désagréables sans moufter. Et puis finalement, ont-ils vraiment tort de te tomber dessus sèchement à cinq policiers pour t'expliquer que c'est mal de longer un "barriérage" alors qu'il y a marqué de traverser, ou de te rappeler "qu'avec tes moyens tu peux quand même le faire" quand tu refuses de payer une seconde fois une cotisation que tu ne dois pas? ne le prends pas mal, mais comprends le fait qu'avec tous ces gens et tous ces problèmes, tu pourrais quand même mettre du tiens, un peu. Et accepter cette juste discrimination positive.

Voilà. J'espère que tu comprends, maintenant, comme ça fait du mal à tout le monde ce que tu fais. Alors arrête un peu de te plaindre, de réfléchir et de poser des questions inutiles. Ne complique pas les choses. Si tu continues à pourrir la société, on va peut être même finir par le perdre, notre titre de "champion des droits de l'homme". Et ce serait bête, franchement, de perdre un titre en se posant des questions. Donc sois gentil, arrête, et pour la dernière fois : n'abuse plus des droits de l'homme.

8 février 2009 : vie de chien

Dix euros cinquante la place. Merci Gaumont de rendre ainsi le cinéma accessible à tous les parisiens et d'aider les spectateurs à "prendre des risques" dans le choix de leurs films (même s'il y en aura toujours des mauvaises langues pour répliquer, et ils n'auront pas tort, qu'on a qu'à aller ailleurs, dans des vrais cinémas faits pour ça ou de prendre une carte de fidélité en confiant ses données personnelles au grand capital).
Tiens d'ailleurs aujourd'hui, on va prendre quelques risques : on va aller voir "Slumdog millionnaire". Bon ce n'est pas non plus la traversée de Bagdad à dos de Georges Bush, d'accord, mais quand même : sujet glissant (la pauvreté en Inde et le "système D" de ses jeunes habitants) et donc favorable aux belles cartes postales de bidonvilles et de centres techniques surexploités, affiche assez bof au texte racoleur pour boulets (notons d'ailleurs au passage la bien plus grande finesse de la version anglaise, ci-contre). Mais rappelons nous aussi les petites pépites ayant déjà plongé dans ces thèmes : le bien astucieux "Zim and Co" sorti en 2005 pour la partie "on est des exclus, c'est pas cool, ouiiiin", et aussi le bien plus récent "à bord du Darjeeling limited", dont le côté formidablement absurde gommait tous les clichés Indiens tapis dans le fond. Et puis la bande annonce laissait présager une bande-son assez sympa. Et c'est super utile d'avoir au moins une B.O sympa, quand le film est naze.

Nous voilà donc plongé dans l'histoire de deux frères, l'un plutôt branché "je suis un gentil passionné" et l'autre plutôt adepte du "mon truc, c'est la réussite, si possible en vous pourrissant la vie, à tous". Evidemment, histoire de bien achever les restes de bonne ambiance dans la famille, on va vite rajouter tout un tas d'évènements dramatiques et un troisième larron aux grands yeux naifs. Les 1H30 qui suivent voient ainsi, sur fond d'interrogatoire musclé, s'entremêler flashback et  scènes de vie dans une Inde pauvre, repressive, mafieuse, arriérée....bref suffisament noire pour que les vrais habitants et les vraies autorités aient eu l'idée d'engager des plaintes pour "violation des droits de l'homme" et de rebaptiser leurs chiens de bidonville du nom des producteurs et acteurs du film (notons que mine de rien, Latika, ça claque comme nom de chien). A croire que c'est la mode en ce moment, d'invoquer des droits fondamentaux pour pourrir la vie des gens qui essaient de (bien) bosser. Bref.


l'affiche anglaise donc, pour épileptiques avertis
Au-delà de la polémique à deux roupies qui avait déjà frappée nos 300 amis spartiates, un constat : la salle, dont j'avais intégré l'effectif en bien agréable compagnie, a ovationé le film. Nous même avons été unanimes : une belle réussite, et tant pis pour les quelques grosses ficelles exposées ça et là et les quelques superficialités (notamment le personnage de Latika, dont le charme peine à faire oublier qu'il réunit pas mal des clichés de la gourde passive, les féministes apprécieront). Mentions spéciales par contre en ce qui concerne le personnage du présentateur, magnifique, et l'atmosphère globale, tantôt triste, tantôt drôle, mais jamais fade ou artificielle, si ce n'est à l'extrême fin du film (made in USA).


   Le naif passionné et le faiseur de rêves,  un rapport 
de force pas si évident
                                                     

Tout ça c'est à cause d'elle!!
Ici donc, on vit, on évolue, on se construit, on rencontre des personnages qui ne sont ni gentils ni méchants, mais qui progressent tant bien que mal dans l'échelle sociale et ne souhaitent pas voir leurs acquis retirés par la seule faute d'un électron libre sans influence, sans avenir.

Un bon moment en salle sombre donc, qui donne la pêche et donne envie d'y croire. Et en plus j'avais bien senti : la B.O du film, elle vaut vraiment le coup!

7 février 2009 :  makillage

Bon réfléchis. Tu as forcément oublié une étape, mis un ingrédient en trop.

Oui. Peut être relire la recette : "étalez l'algue sur le plan de travail. Egouttez le riz, vinaigrez-le et nappez-le sur l'algue. Rajoutez le surimi et l'avocat coupé en lamelles. Finalisez en insérant quelques graines de Sésame et roulez". C'est pourtant pas compliqué. Ca avait l'air si simple de réussir la chose. C'était évident que j'allais obtenir ceci :


Mais non, évidemment, et même en faisant bien attention, en la jouant plus millimétré qu'un épilateur, moi, j'ai eu ça :


Un "drôle de kebab" dirons des directs,  un "problème de roulage" diront les techniciens, c'est "un peu court" achèveront les Bergeracophiles. Finalement, après avoir chouiné dix minutes et accusé le monde de n'être que désillusion et  ratages, moi je lui ai trouvé un nom : c'est un "avocat split. Et promis, ça ne se retrouvera jamais dans la section culinaire du bazar.


l"avocat split" coupé en portion individuelle, avec
son indispensable compagnon digestif

4 février 2009 : le poing sur l'administratif

Ca y est. Après plus d'un mois, je l'ai fait : suis passé à 2009. Je vais peut être même commencer à mettre la bonne année dans les dates et dans mes contrats (une chance que je n'ai pas eu à en faire, quand même, ouf, le monde est sauvé).

Je lance donc ma nouvelle année, les nouveaux projets, tout ça. Comme l'exige la tradition, je commence en lançant un coup d'oeil rapide à la fin de l'année précédente (constituée du mois de janvier, donc). On obtient donc l'équation "relation sociale" suivante  :

- je suis détesté par une consultante "pôle emploi" du XIV ème pour lui avoir fait remarquer que refuser une carte d'identité périmée depuis 15 jours, c'était quand même de la mauvaise foi   (la mauvaise foi venait aussi de moi, sans doute, vu que je n'avais aucun des autres papiers à fournir non plus...)

- je suis honni de la responsable de l'antenne de police du XIV ème arrondissement de Paris, pour lui avoir fait remarquer que quand les textes de loi disaient "tu acceptes le livret de famille", et bien, tu acceptes de livret de famille.
- je suis aimé d'au moins une personne de la préfecture centrale de police, qui a reçu ma demande de renouvellement de carte d'identité "dérogatoire" et qui a trouvé que je savais bien lire les textes de loi, qui s'est fendu d'un courrier pour me dire que tout allait bien, du coup, et que j'aurais ma nouvelle carte "dans les plus brefs délais".

- je suis détesté d'une personne au moins de mon ancienne assurance maladie étudiante. Bon ok, je ne suis plus étudiant depuis 2006. ok je suis allé voir le médecin il y a quelques semaines pour lui faire plaisir. ok, il prenait la carte vitale. ok je l'avais sur moi et je lui ai donné sans me rappeler qu'elle ne pouvait pas être à jour, pas possible non, à moins qu'il ne lui soit poussé des petites pattes de carte vitale! ok du coup la mutuelle étudiante a reçu la note. Ok elle l'a mal pris et m'a rangé dans la catégorie "fraudeurs" en m'envoyant un courrier dans les dix jours me "sommant" de rendre la carte coupée en deux (la pauvre). Mais je persiste à plaider que ce n'est pas ma faute : je n'aime pas les paperasses, il faudra que je le dise combien de fois?

- je suis vraiment beaucoup aimé d'une personne de ma nouvelle assurance maladie, que j'ai appelée trois semaines après pour avoir une nouvelle carte vitale, parce que la mienne s'effritait et "devenait moche". Elle m'aime beaucoup d'ailleurs parce que c'est elle qui, en l'espace de trois phrases, m'a dit "oula vous avez un problème dans votre dossier" et "je vais tout régler de nous inquiétez pas". Qui donc peut se prévaloir de cette seconde phrase, et qui plus est totalement spontanément, de la part de l'assurance maladie, hein, qui???
- je dois être détesté par le mauvais facteur du XIV ème arrondissement, qui ne monte jamais mon courrier et marque "non localisé" alors que la boite aux lettres dit bien que je suis au dernier étage, super haut, sans ascenseur. Jusque là on s'aimait bien, mais à quatre "non localisé" en cinq jours, ça m'a gonflé. Cinq réclamations, cinq grosses colères.

- je suis aimé par le gars qui donne les colis à la poste près de chez moi, et qui gère les réclamations. Il fait beaucoup d'humour, humour de frite surgelée soit, mais un peu le même que le mien. Du coup, on rigole bien, on est les seuls dans le bureau de poste, c'est encore plus drôle.

- je suis détesté par le gars de l'entrée au pôle emploi du XIV ème, qui expliquait à une jolie jeune fille qu'il ne prendrait pas de photocopies "non certifiées conformes", non, pas question, c'est "la loi" (phrase austère dite de façon austère, conformément à la description précédemment faite du lieu). Bon allez, je me glisse :  "vous savez, la certification de copie conforme n'existe plus depuis 2001, monsieur, un décret je crois". Pas la peine d'insister, la jeune fille finira le boulot, le gars me lance un regard noir austère, c'est bon, il me déteste.

- je suis bien aimé par les deux personnes qui ont géré mon dossier au pôle emploi du XIV ème. La première parce que je sais qui est Raymond Losserand (un résistant communiste, et ouais ça sert d'écouter sa chérie). La seconde parce qu'elle a eu un cours qui l'a plutôt convaincu sur "l'écrit électronique" lorsqu'elle a refusé une version électronique d'une attestation assedics (pour finalement accepter après consultation d'un collègue...certainement pas celui de l'entrée).

- je suis pronfondément détesté par au moins une responsable de l'administration fiscale du XIV ème, appelée suite à un courrier qui m'avertissait qu'on allait me prendre des sous par prélèvement automatique ("sauf opposition de votre part avant le -ha tant pis la date est passée-, héhé"). Elle avait raison sur le fond, j'ai trouvé la façon de faire du courrier et ses réponses odieuses. J'ai donc joué au gros lourd, elle me déteste. Parfait.

Le bilan donc : plutôt bon. Ha si. Se comporter sans prendre de gants, en pleine période de mauvaise humeur et avec un plus un cerveau de fouineur, et arriver à un bilan quasi-équilibré. Moi je trouve ça pas mal. Bon ok. Résolutions pour la nouvelle année :

- éviter les contacts avec l'administration, elle nous énerve.
- comprendre que faire le gentil naif marche parfois bien mieux que faire le méchant juriste, dans lesdites administrations. Et pourquoi pas redevenir un garçon calme et souriant? (rêvons!).
- peut être, surtout, changer de quartier. Ils vont se méfier sinon, tous ces gens, de mon nouvel air sympa.

       26 janvier 2009 : Plog

Aussi bizarre que cela puisse paraitre, la lecture ( = parcourir des livres sans image, dépassant les 100 pages), ce n'est pas vraiment mon truc.  Bon évidemment, comme toute règle super absolue qui s'applique à tout le monde et dans l'univers entier, ce principe souffre deux exceptions : c'est donc sans rechigner voire même assez volontiers que je puis me plonger dans des ouvrages parlant de propriété intellectuelle (en particulier le droit d'auteur, où l'on défend les gentils artistes et auteurs contre le monde capitaliste méchant et le droit de la concurrence implacable qui n'aime pas les monopoles) ou encore des ouvrages parlant de fin fond de l'univers, de bosons, d'anti-neutrinos et autres joyeusetés basiques pour le physicien moderne. Deux exceptions dotées d'un formidable point commun : celui d'être jugées par le grand public comme sources d'ouvrages opaques (critique de bonne humeur) chiants (critique blasé) ou encore fascistes (critique de gauche). J'assume, tant pis, j'aime bien ça même si je ne comprends pas tout à ces ouvrages qui proposent souvent un bon paquet de niveaux de lecture (allant de l'émerveillement du mode "découverte" à la critique doctrinale la plus enfouie).

Mais une brèche s'ouvre, une troisième voie se dessine, prenant l'apparence d'un petit chemin rural et caillouteux. Dans un moment de faiblesse, une belle âme aux yeux bleus a réussi à glisser entre mes mains un certain ouvrage, pas trop épais, à la couverture sympa, bref, ça :



Un peu sceptique, d'autant que j'avais eu vent du film du même nom, pas vraiment une claque parait il malgré la présence du grand José G. Et puis je ne sais pas pourquoi, j'ai commencé, dévorant la bête par petit bout chaque soir, sans conviction. Les Hercule Poirot m'avaient endormi jeune, c'était visiblement au tour du commissaire Adamsberg.


J'ai peu dormi finalement. J'ai même raté quelques heures de sommeil pour être bien certain de laisser l'équipe criminelle de Paris en paix, assassin bouclé. J'ai passé plus de cinq semaines (oui, je lis lentement) à méditer sur les mobiles, les suspects, les trahisons, les machinations....et comme Adrien Danglard, je me suis souvent mis le doigt dans l'oeil. Mais je me suis régalé à voir se dérouler, au travers des ouvrages de plus en plus aboutis (signe d'un lecteur de plus en plus conquis?), les petites histoires d'une brigade atypiquement construite plongées au sein d'affaires savamment ficelées.

A ceux qui n'aimeraient pas la lecture,  donc, peut être un (bon) point de départ.

      22 janvier 2009 : transparence

Peut être s'est il dit que je n'existais pas. Ou que mon existence ne méritait pas la moindre attention. Malgré quelques signes, et une mise en garde gestuelle sur mon oubli, il a gardé sa ligne et sa vitesse, fier comme un i et réactif comme une poule devant un billet de 10 euros. Il est donc passé  devant moi, non sans un regard me signalant à demi-mot qu'il souhaitait me faire marcher. De fait, il m'a fait marcher. De fait, le conducteur du 62 de 8h37 est une face de truite.

Je me suis donc pointé à pied jusqu'à l'ANPE, les ASSEDICS, non, le "pôle emploi", il faut dire dire maintenant. Peu importe, visiblement le nom du service est la seule chose qui ait jamais changé. Façade austère, porte austère, gars de l'entrée austère, question stupide : "bonjour, c'est pour vous inscrire?" (non c'est pour faire un mini -golf). Patience, ne pas partir du mauvais pied sur un simple jugement d'apparence, et rappelle toi qu'il ne conduisait pas le 62.

Je me plie donc au questionnaire : nom, prénom, adresse, re-adresse, non décidement il ne comprend pas, il va falloir que j'épèle. Je vais bientôt être reçu me dit-il, parfait, j'ai assez d'antipathie pour le lieu pour être pressé d'en finir vite. 5 minutes plus tard. C'est déjà à moi, appelé par une femme plutôt aride qui m'explique qu'elle va juste procéder à la vérification des formalités d'enregistrement, qui consistent pour moi à fournir une carte d'identité et ma carte de sécurité sociale. La panade donc, une formalité, effectivement. Sauf que ma carte d'identité a expiré il y a quinze jours, ha...et que ma carte de sécurité sociale (on dit carte vitale maintenant, sauf dans ce batiment), est à 800 km, dans la maison de famille, laissée en dépôt pour mise à jour. Pas de bol quand même.

On m'explique donc que je devrai revenir, qu'il faut ABSOLUMENT que je fasse refaire ma carte d'identité (il lui pousse deux grosses cornes sataniques, dès sa péremption, évidemment) et que je n'oublie pas ma carte de sécurité sociale. Le juriste se prend un blanc pour manque de rigueur administrative mais a droit à un rendez vous de rattrapage dans quinze jours. Je hais cet endroit.

Alors que la carte de sécurité sociale s'achemine doucettement par la poste par le plus sécurisé des moyens (le chronopost, où comment dépenser 30 euros pour retrouver son précieux colis à la vue de tous au-dessus des boites aux lettres) allons donc refaire une carte d'identité.


Recette simple, d'après le policier de l'antenne de police à la mairie : 2 photos "faites par un agréé" et sur lesquelles SURTOUT on ne sourit pas, on fait la gueule, de face, sans boucles d'oreilles. Parfait, faire la gueule, de face, sans boucles d'oreilles, ça je sais faire. Et il faut aussi un livret de famille attestant que je ne suis pas un immigré cubain du XIV ème siècle, et un original de facture comme preuve de domicile (parce que la police ne veut pas permettre au papetier d'en face de faire marcher sa photocopieuse, sans doute).

Deux belles journées pour obtenir tout ça, et un deuxième envoi par la poste pour le livret de famille, situé non loin de la carte de sécurité sociale (on optera cette fois pour le courrier simple, moins dangereux que le chronopost claustrophobe qui apprécie peu l'intérieur des boites aux lettres). Un retour à l'antenne de police. C'est que le nouveau rendez vous ANPtruc approche, il faut se dépêcher. Petite vérification d'usage du policier, qui est catégorique : le livret de famille, non non non ça ne marche pas, il faut un extrait d'acte de naissance.

Pas la peine de marteler que trois jours plus tôt son collègue m'avait dit le contraire, les règles sont les règles et mieux vaut rebrousser chemin et regagner la hutte. Le 62 me dépasse sans s'arrêter. Oui, tu as raison face de truite, il vaut mieux que je marche. Et puis le doute : pourquoi diable un extrait de naissance peut-il être le saint graal et pas le livret de famille? pourquoi deux réponses contradictoires en l'espace de trois jours. Il est clair que le juriste vexé est réveillé, et me voilà sur légifrance, sur cette page :  ici

L'implacable texte de loi, l'évidente incompétence du fonctionnaire de police. C'en est assez pour me faire voler, papier en main, jusqu'à l'antenne de police. C'est que mon cas est urgent, et que je ne vasi pas perdre encore 15 jours à demander un extrait de naissance dont tout le monde se contrefiche alors que la loi ne l'impose pas. Bon allez, je fais quand même la demande par internet, sait on jamais, pour la prochaine fois. Au commissariat, le retour (deuxième du nom) : je tends mon livret de famille. "Non ça ne marche pas". Je tends le texte de loi "mmmmm, bon voici votre ticket, vous allez être reçu par ma collègue". Du genre coricace, a t'il omis. A tout hasard je lui précise que je n'ai rien contre elle ni le monde, que je dois juste me dêpécher d'avoir mon papier fait et livré avant la date D pour une question d'ouverture de droits. Elle comprend, elle a lu le texte de loi, mais ses directives sont claires : pas de livret de famille (mais elle fera une exception pour moi en joignant le texte dans le dossier, c'est son jour de bonté). Par contre ledit dossier sera envoyé à la préfecture de police au lieu du centre de fabrication, parce qu'on "ne suit pas la procédure conformément aux directives". De fait elle ne peut me donner de délai pour l'obtention de ma carte. Normalement c'est 10 jours (mon rendez vous est dans 12), là elle ne sait pas, elle ne peut ni ne marquera rien sur le bordereau. Mais ce n'est rien contre moi. C'est marrant, je ne la crois pas. Sortons vite de cet endroit. Petit sourire complice du pauvre couple derrière moi qui a suivi la conversation et qui s'apprête à passer son propre examen. Pêut être leur demandera t'elle la facture d'achat de leur congélateur?

Face de truite s'arrête enfin à mon arrêt. Je monte. Je n'ai pas ma carte ni de monnaie. Sans rancune, je finirai à pieds.....

        16 janvier 2009 : remise à flot

Ca c'est la section où vont bientôt apparaitre les dernières news, afin de donner un aspect plus attrayant à la page d'accueil du site jugée ringarde et poreuse par des chartistes mal embouchées. Bon pour le moment ça ne marche pas, c'est même pas encore codé, c'est dire. Alors il faut imaginer comment ça va être, s'extasier et revenir fréquemment constater que le boulot n'avance pas. C'est aussi ça, l'Internet.

Tout ça pour dire que le site repart, avec une orientation différente mais tout autant de motivation. En espérant que les internautes qui faisaient jadis sa renommée seront den ouveaux là, accompagnés de tous leurs amis, pour profiter voir pour participer aux nombreux développements qui vont bientôt voir le jour.

A très bientôt





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