varadero 125: le bonheur à portée de roue!

Vous avez toujours rêvé d'un monde ou la liberté de mouvement serait totale?? D'un monde attrayant et jovial où les automobilistes seraient amicaux et fraternels, vous donnant 15 euros à chaque sourire de votre part?? Et bien soyez ravi,"oui-oui" ça commence dans 10 minutes a ta tv...

Pour les autres, préparez-vous à une incursion-éclair dans le monde impitoyable des motards.

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La petite intro

Le monde de la 125 cm3 est un allié précieux du jeune motard, qui, bien que possédant une passion très nette pour les 2 roues (signes symptomatiques : tendance ricaner les jours d’embouteillages...et à pleurer les jours de pluie!), n’a ni les moyens de s’offrir une grosse cylindrée, avec tout ce que cela comporte comme inconvénients (prix exorbitant de l’assurance, nécessité de passer le permis moto ,peur de s’immortaliser contre un arbre dès la première accélération...), ni la motivation/l’humilité suffisantes pour se tourner vers ce que le commun des mortels appelle les « scooters », biens plus pratiques il est vrai, mais aussi tellement moins « classes » (essayez donc de faire CA ou CA avec un scooter!!!).

Pourtant, le pas du choix de cette cylindrée franchi, une difficulté se pose dans le choix du modèle en lui même : car si la puissance ne peut pas vraiment être un critère de sélection entre 2 motos (une 125cm3 reste une 125cm3…), il faut savoir qu’il existe dans le monde du 2 roues 3 types de position de conduite, représentées par 3 classes de moto radicalement différentes :

-Les sportives(conduite penchée vers l’avant, sur le réservoir)
-Les custom (conduite façon « harley », les jambes en avant)
-Les trails/routières(position médiane, mais plus haute)

Le choix de votre « moto-style », primordial, devra donc avant tout dépendre de votre âme de pilote : ainsi ,le motard misant tout sur le coté performance, au détriment du confort ou du prix d’entretien de la moto se tournera rapidement vers un modèle sportif, tandis que le motard plus « free rider » (ou plus près de ses sous;) optera plutôt , selon ses aspirations à rouler en duo ou pas, pour un modèle routier ou custom.

C’est à chacun de voir...le but de ce dossier n’étant pas de vous vanter les mérites de « la meilleure 125 du monde », mais seulement de vous faire partager une expérience de conduite apte je l’espère à vous guider dans le choix de votre future bécane. Et surtout à ne pas vous faire regretter votre achat (à ce prix la ca fait mal!).

Premier contact :tiens, c’est une 125??

Juillet 2003 : ayant finalement fait le deuil de ma yamaha 125tdr (disparue 2 mois plus tôt dans des conditions plus que mystérieuses) je me décide à partir a la recherche d’une nouvelle 125 : convaincu à la base de me réengager auprès de monsieur yamaha, je rentre toutefois chez monsieur honda (il était sur le chemin) dans l’espoir d’avoir un petit aperçu de cette fameuse varadero que je croise de plus en plus souvent en ville : après une petite discussion avec le vendeur, me voilà devant la « bête », avec autorisation officielle de l’essayer pendant 1h (impossible de négocier la journée…). Premier constat : « c’est gros », bien plus gros que ce dont je me rappelais en tout cas et je me mets de suite a penser qu’avec elle, le bon vieux temps du slalom citadin est révolu. Deuxième constat (et plutôt logique après le premier), « c’est lourd !! » et effectivement , une fois dessus on a plus l’impression (désagréable pour moi) d’être aux commandes d’une vraie grosse 600 que d’une modeste 125 citadine .Tant pis me dis-je, de toutes façons je suis juste la pour me faire une idée ca n’engage à rien : d’un coup de clé je débloque donc le guidon et me traîne pitoyablement (c’est VRAIMENT lourd !) jusqu'à la sortie de l’atelier. Là, libération, je peux enfin mettre le contact et entendre un beau bruit feutré (vive le 4temps !) qui n’a plus rien a voir avec le petit coté pétrolette boostée de ma tdr : pas de toute, la varadero est vraiment une moto qui valorise son conducteur. Plutôt fier, je passe donc la première,désireux de me rendre compte par moi même de ses qualités routières, et je commence a avancer...


Premiers tours de roues : oui c'est bon c'est une125...

Première accélération, en cote légère et première déception : ça fait un joli bruit, c’est confortable , mais qu'est ce que ça rame!! (bon je dis peut être ca parce que je me suis fait griller par un scooter 125....mais quand même!) : j’ai beau atteindre les 8000tours/min (sur un compteur allant jusqu'à 14000), j’ai l’impression de me traîner. Inquiet, je prends quelques petites rues pour m’échapper du centre ville  et me retrouve sur le prado, en direction de la gineste (LA vraie route de test pour motard averti). Désormais capable de pousser un peu le moteur, je me rends compte que le principe de la varadero est à l’exact opposé de celui de la tdr : ici, on ne s’arrache pas au démarrage et on ne se splatsch pas au freinage. Au contraire, tout est progressif, tout est doux ce qui, à mon sens, fait perdre une bonne partie des joies inhérentes à la pratique même de la moto! C’est sur cette première conclusion que les immeubles laissent place au bord de mer et que je m’engage enfin sur la « vraie » route, non sans ressentir (vous l’aurez compris) une certaine déception vis a vis des capacités tant d’accélération que de freinage de l’engin (ce qui fait quand même pas mal pour un début...).

Première pointe de vitesse : l’heure du repentir!

Alors que la première grande montée se passe tranquillement (80/90km/h sans forcer), je me rends vite compte que quelque chose n’est pas comme d’habitude : dans des virages ou je me battais d’ordinaire avec ma tdr pour garder une trajectoire potable (comprendre : trajectoire permettant de ne pas finir mystifié contre un rocher), ici tout passe comme dans du beurre, malgré un bon mistral persistant. Rapidement en confiance, je me surprends même à pencher d’une manière plus insistante, profitant d’une hauteur de selle revue a la baisse par rapport a celle de la tdr et de pneus qui eux ne donnent pas l’impression de « s’échapper » toutes les 3 minutes. A ce petit jeu je commence même à véritablement m’éclater, jusqu’à pousser le moteur à fond , pour finalement m’apercevoir qu’à haut régime la nervosité de la vara n’a rien a envier a celle de ma tdr : mieux, dans la ligne droite j’arrive à accrocher un joli 120 kmh à 12000t/min (le rupteur se déclenchant à 12500t/min) étonnamment plus rapide que le celui de ma précédente monture (d'ou la question : son compteur était il légèrement « optimiste »?).

Quoiqu’il en soit, me voici finalement dépassant Cassis, puis arrivant a la ciotat, avec pour le coup une opinion plus que favorable sur la bête (comme quoi...) : ayant parfaitement assimilé le concept du « le frein avant ralentit et le frein arrière est décoratif », de même que celui du « si tu veux aller vite monte a 12000tours », je me plonge dans les virages en parfaite confiance avant de rejoindre l’autoroute pour le retour(finalement,1heure,c’est court!).

Autoroute et embouteillages :mode «sans soucis »!

Une fois engagée sur la file de droite(je ne suis pas encore suicidaire), et à une allure soutenue de 120kmh (123 en légère pente et 118 en montée) je m’aperçois qu’il devient plus difficile d’utiliser ses rétroviseurs, ceux ci ayant dés lors une fâcheuse tendance à trembler (ce qui n’est bizarrement pas trop le cas du reste de la moto). D’un autre coté, et contrairement à mon ancienne moto, pas de secousse, pas de déportation et toujours pas de problème de prise au vent : je comprend dès lors que le poids supplémentaire de la varadero sur la tdr n’est pas un effet de style mais bel et bien une sécurité supplémentaire qui, secondée par une bulle particulièrement efficace, se révèle rapidement inestimable (ceux qui ont déjà fait l’autoroute en solo sur tdr me comprendront).

De toutes façons l’autoroute touche rapidement à sa fin et me voilà plongé dans la joie incommensurable du « 17h30 en centre ville » : l’heure est venue de tester le coté lutin de mon engin, et, après quelques « faufilages », un double constat s’impose : tout d’abord le confort gagné par la présence de 5 rapports (au lieu de 6 sur la tdr) est vraiment appréciable, car il évite d’avoir à tripoter sa boite de vitesses toutes les 5 secondes (voire à descendre les rapports 2 par 2 !). D’un autre coté, et c’était inévitable, le poids de la varadero (encore lui !) joue des tours et l’on hésite plus à jouer l’équilibriste entre 2 camions, surtout dans les premiers temps et avec une moto prêtée.

Reste que de manière globale on reste tres loin de l’appréhension « je vais m’endormir dans les bouchons » du début même s’il est acquis qu’a moins de s’appeler michael schumacher, une tdr ou la grande majorité des scooters auront tendance à grappiller progressivement quelques secondes sur vous (le temps que vous mettrez à vérifier que vous aussi vous pouvez passer dans ces 27 micromètres d’espace entre le routier mal luné de la file de droite et le mafieux centenaire de la file de gauche). 

L’heure du retour et bilan à chaud :

Et voilà, après 01h07 minutes de ballade (ha oui j’oubliais le tableau de bord intégré une montre digitale, très utile pour éviter d’écraser un piéton stupide en cherchant à dégager sa montre sous le pull), il est désormais temps de rejoindre l’atelier et de rendre la bête à son propriétaire qui commençait à furieusement s’inquiéter d'ailleurs : une fois descendu, je m’attarde un peu sur les équipements, me félicite de l’emplacement sous la selle (c’est juste pour un u mais c’est déjà ça) et de la taille du réservoir : à ce propos le vendeur m’assure qu’il s’agit bien d’un 17.5 litres (contre 12 pour la tdr) et que sa taille est un élément fondamentale vu que la varadero est dans son concept « une petite moto de voyage » : je le croirai sans mal, surtout en ayant lu (donnée confirmée) que sa consommation maximum est de l’ordre de 4litres/100km.

Une fois les clés rendues (un peu à la dégoûtée il est vrai) une dernière qualité de la varadero me vient au nez : c’est bien la première fois depuis un an que personne ne pourra déceler à « l’odeur » que je viens de me faire une petite virée en moto : encore un charme du moteur 4 temps, qui, contrairement à celui du tdr, n’est pas issu d’un prototype de raffinerie compacte nouvelle génération.

Bilan à froid ,duo et conclusion:

Octobre 2003 : ça fait maintenant plus de 2 mois que je possède ma propre varadero (et comme j’en suis bien fier vous n’échapperez pas a la superbe photo en bas de page:), et, vous l’aurez compris, je ne regrette pas mon choix : une position de conduite agréable, un moteur souple et puissant (quel dommage seulement qu’un 4temps ne se débride pas...), une tenue de route hors paire et un freinage correct, il n’y a guére que la puissance brut qui lui manque (le coté 2 temps en fait) ce qui est pour ma part largement compensé par le fait qu’elle accuse les longs trajets sans sourciller et que les ballades à 2 sont largement plus plaisantes que sur la tdr.

Au sujet du duo d’ailleurs, en ayant parcouru tous les types de trajets possibles(ville, route et autoroute) je n’ai pu que me féliciter du peu de changement de puissance avec le solo (un zest d’accélération et 3km/h), du non écrasement de la selle et surtout du “décroché” la caracterisant (qui évite d’avoir le facies de son passager incrusté dans son casque), ces 3 éléments étant les principaux reproches que je pouvais formuler lorsque mes belles ballades se déroulaient dans le parfum frais et enivrant du 2 temps de chez yamaha.

Coté passager, pour avoir recueillis les avis impartiaux de mes principaux "cobayes", il semble qu’ils considèrent la selle comme légerement moins confortable (car plus dure) mais que dans l’ensemble l’unanimité soit du coté de la vara (sans renvoyer la tdr aux orties cependant). Bilan positif donc.

Voilà. Ainsi s’achève donc ce dossier subjectif visant à donner un aperçu d’une moto qui n’a pas déçu votre webmaster et qui selon lui n’a que peu de chances de vous décevoir, pour autant que vous ayez des critères de sélection avoisinant les siens (longues ballades, fiabilité, confort). Pour les autres (ils sont où les gros bourrins de la vitesse???) sachez que la varadero est loin d’être la seule 125 valable et qu’une machine telle que la tdr125 (précédemment citée...et largement appréciée), possédant de très grandes qualités et un moteur d’une nervosité rare, saura tout à fait vous satisfaire, pour peu que vous connaissiez quelques notions de bidouillage, souhaitiez vous familliariser avec l’art délicat de la préparation moteur (condition sinequanone d’acception dans le monde des moteurs 2 temps) et ne craigniez pas trop le mal de mer (sur route départementale!).

à bon entendeur!

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