Leçon 7 : maîtriser les particules

Comme nous l'avons vu dans les leçons précédentes, la structure de la phrase japonaise diffère quelque peu de celle à laquelle nous a habitué notre bonne vieille langue française. Ainsi, si la différence la plus apparente se situe au niveau d'un positionnement plus "latiniste" des mots composant la phrase (verbe à la fin etc...), il s'agit aussi de rappeler que dans le japonais, peu de choses sont dites, mais beaucoup sont déduites.

L'économie de mot qui en résulte, et qui destabilisera au premier abord le français de souche (habitué à une précision extrêêêême), est contrebalancée par la présence de particules de position, de déplacement, de liaison ou de possession, dont la facilité d'utilisation n'a pour égale que les limites de liberté d'interprétation qu'elles induisent.

Ainsi, partant de la phrase de base :

Anato wa soba wo tabemasu (anato mange des nouilles...)

on dénote déja la présence de 2 particules, visant à préciser 2 éléments fondamentaux de la phrase :

1 : la particule "wa" , qui se place derrière le sujet, ici "anato"pour le mettre en valeur, lorsque celui ci n'est pas induit (ex : watashi wa anato desu....qui devient anato desu , le watashi wa étant sous entendu).

2 : la particule "wo", qui se place uniquement derrière un cod (et non pas un adjectif ou un coi par exemple) pour le qualifier.

au final, ces 2 particules permettent donc de déterminer qui fait quoi, sans recourir à d'importantes pirouettes grammaticales.

Pourtant, les choses se compliquent des lors que l'on aspire à plus de complexité. Où anato mange t'il ses nouilles?? avec qui les mange t'il?? à qui appartiennent elles?? autant de questions fondamentales qui pourraient, si la situation restait en l'etat,ne jamais se voir apporter de réponse.

C'est donc ici qu'interviennent d'autres particules,dont la liste dressée ci dessous donne un bon aperçu :

ni : particule de déplacement ou de lieu de situation passive

to : particule de jonction complète

ya : particule de jonction incomplète

de : particule de moyen ou de lieu de l'action

no : particule de possession

kara : particule de conséquence/provenance

ka : particule de questionnement/choix

une fois familiarisé avec leur existence, et d'une façon générale, il ne vous restera plus qu'à les placer à la fin du mot auquel elles se rapportent pour que ces particules aident l'auteur de la phrase à décrire une situation élaborée, tout en aidant le lecteur à mieux comprendre la situation.


I la particule de déplacement et de lieu de situation

exemple :

anato wa daigaku ni ikimasu

se traduit donc : anato se déplace(ikimasu) vers la fac(daigaku), la particule ni, présente après le lieu de destination, permettant de savoir ou le sujet se dirige. Cette particule ne s'utilise donc qu'avec les verbes de déplacement.

Pour ce qui est du lieu de situation, on dira par exemple :

anato wa daigaku ni desu (anato est à la fac)

il faudra par contre bien faire attention au caractère passif du sujet dans la phrase (sinon on utilisera de).

 

II la particule de possession

de la même facon :

anato no tomodachi

se traduit par "l'ami(tomodachi) de hanato " ,la traduction se faisant en prenant en compte le mot précedant la particule no comme le possédant,et le mot suivant la particule comme le possédé(ex:watashi no soba : les nouilles que je possede)

note : le système sera le même pour traduire l'origine (pour dire par exemple "l'étudiant de la fac", on utilisera daigaku no gakusei)

 

III la particule de moyen , de caractéristique ou de lieu de l'action

Même idée pour la particule de moyen de, où l'on dira, pour parler d'un moyen de locomotion ou d'une caractéristique par exemple :

anato wa hikouki de ikimasu (anato se déplace en avion)

kore wa bagen de desu (celui ci est en solde)

ou pour parler du lieu de l'action (à ne pas confondre avec le lieu de situation passif, où l'on emploiera ni), suivant le caractère mobile ou mouvant du verbe :

anato wa daigaku de benkyou shimasu (anato fais des études à la faculté)

 

IV la particule de provenance

et le schéma se répetera inlassablement pour ce qui de la particule de provenance, kara :

anato wa furansu kara desu (anato vient de france)

 

V les particules de jonction/énumération

reste donc les particules "to" et "ya", qui représentent une difficulté en ce sens que si elles expriment toutes 2 la jonction (traduction : "et"), l'un sera utilisé pour les énumérations complètes ("to") et l'autre pour les énumérations ayant vocation à etre complétées :

Ainsi :

(watashi wa) furansugo to nihongo anashimasu

se traduira par : "je parle français et japonais"

tandis que

(watashi wa)furansugo ya nihongo anashimasu

se traduira plus comme "je parle français et japonais (entre autres langues...)".

et puis comme rien n'est simple meme dans une langue réputée facile, sachez que "to" peut aussi se mettre à la fin de l'énumération, se traduisant des lors "avec". Par exemple :

hanato wa tomodachi to soba wo tabemasu

se traduira par "anato mange des nouilles avec un ami" (parce que c'est toujours plus sympa à 2!;-)

 

VI le cas de la particule ga

Cette particule, dont la fonction est de remplacer la particule wo dès lors que l'on parle d'une personne ou que l'on exprime un sentiment pour quelque chose, s'emploie donc fréquemment avec les verbes aimer et hair :

exemples :

watashi wa anata ga suki desu (je t'aime)

watashi wa daigaku ga kirai desu( je hais la faculté)

Dans un autre ordre d'idées, la particule ga est utilisée lors de l'utilisation du verbe haru (avoir), pour traduire "il y a", ou encore pour introduire une seconde partie de phrase pour marquer une comparaison (on place dans ce cas ga apres le verbe).

Dans le 1er cas, on obtient donc :

daigaku ni gakusei ga arimasu (il y a un étudiant dans la faculté)

dans le 2nd cas , on obtient :

daigaku ni kuruma ga arimasuga , machi de kuruma ga arimasen (il y a une voiture à la faculté mais/et/par contre il n'y a pas de voiture en ville).

 

VI la particule de conséquence

La particule kara est utilisée pour amener l'idee de conséquence : à l'inverse de l'utilisation faite pour marquer la provenance, la particule sera donc placée ici après le verbe lié à la cause :

exemple : (watashi wa) kirei desukara kore wo kaimasu (j'achete cela parce que c'est beau)

 

VII la particule de questionnement/choix

si l'utilisation de la particule ka est simple, elle est pourtant primordiale lorsqu'il s'agit de formuler une question, ou de poser un choix :

dans le 1er cas, il s'agira de placer ka à la fin du verbe pour marquer la question ( takai desuka : est ce cher?)

dans le 2nd cas, il s'agira de le placer entre les 2 mots en concurrence (ex : daigaku ka yasumi :faculté ou vacances)

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