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Dans le respect de la pratique qui
consiste à initier tout exposé écrit sur le
Japon par la phrase « entre tradition et
modernité »(r), il était
désormais temps de voir la tradition. Un projet quelque peu
malmené par l'intervention impromptue de notre ami le jet
lag, et de son talent propre à te faire ignorer ton
réveil sonnant à 7H30 pour te faire émerger
à midi.
Nous lançons donc avec hâte notre apéritif, le Sengaku-ji, histoire de monter aux petits que la légende des 47 ronins (ceux ayant attendu plusieurs années pour venger leur seigneur) était bien vraie. Le site est impressionnant, avec ses 47 tombes en plus de celle d’Asano (en travaux évidemment) et de ses proches amis. Il est aussi touchant de voir les offrandes (batons d’encens, mais aussi bouteilles de rhum ou de pepsi : pas ouvertes je précise) apportées par les Japonais, démontrant une nouvelle fois à quel point la population considère ses monuments, pas seulement en tant qu'objet antique figé dans le temps, mais aussi en tant qu'outil du quotien (il nous a même été donné de voir un japonais prier devant l'une des 47 tombes). Nous partons ensuite vers les jardins du palais impérial, mode « je vais te montrer ce que cagnard veut dire » activé. Le site est finalement assez standard mais sympa (si on aime les routes gravillonées), comme notre conseiller japonais nous avait averti. Juste le temps de voir une américaine se faire siffler par le policier de garde pour ne pas avoir compris ce que la petite affichette visuelle « ne marche pas sur la pelouse putain, elle est là pour quoi la petite barrière à ton avis (connasse) » que nous engageons la route vers le Yasukuni, mémorial géant dédié aux soldats morts pour l'empereur. Là encore, nous sommes témoins de la présence de nombre de japonais venus faire une offrande et s'adonner aux gestes rituels déjà entrevus à Asakusa. Ici, il est même interdit de faire des photos, un policier veillant (strictement) au grain. Pour contrebalancer l'ambiance un peu "lourde" de la journée, nous organisons notre soirée à la tour de Tokyo. Cette dernière, comme cela est clairement affiché, se révèle plus grande de quelques mètres que la tour Eiffel (ben oui, qui a la plus grosse ça marche aussi ici), même si l'on peut noter de façon acide que l’observatoire du dernier étage est un peu moins haut que celui de la « vraie tour » (hihi). Nous prenons par contre une leçon de modestie sur le service : 10 minutes d’attente, pas de fouille rectale à l’entrée, jus et photos offerts (inclus ok) en arrivant au deuxième étage, et une ambiance bonne enfant. ça change du traitement bovidé de la tour Eiffel, même si la notorité des deux lieux n'est évidemment pas comparable. Le dernier étage est spectaculaire (c’est VRAIMENT grand Tokyo, et que de lumières), d'autant que la circulation est aisée. Nous constatons d'ailleurs de façon notable le souci constant de l'édifice de favoriser l’accueil des personnes handicapées. Seul bémol : si toute la montée se fait par ascenseur(s) à la lumière des multiples panneaux indicateurs, une partie de la descente nécessite visiblement de passer par un escalier. Cela fait certainement partie de la magie du lieu : on t’accueille en tant qu'handicapé, mais tu dois en contrepartie pleinement profiter du lieu. Donc une fois monté, tu restes mec. Délicat! |
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