| Dix euros cinquante la place. Merci Gaumont de rendre ainsi le cinéma accessible à tous les parisiens et d'aider les spectateurs à "prendre des risques" dans le choix de leurs films (même s'il y en aura toujours des mauvaises langues pour répliquer, et ils n'auront pas tort, qu'on a qu'à aller ailleurs, dans des vrais cinémas faits pour ça ou de prendre une carte de fidélité en confiant ses données personnelles au grand capital). | ||
| Tiens
d'ailleurs aujourd'hui, on va prendre quelques risques : on va
aller voir "Slumdog millionnaire". Bon ce n'est pas non plus la
traversée de Bagdad à dos de Georges Bush,
d'accord, mais
quand même : sujet
glissant (la pauvreté en Inde et le "système D"
de ses
jeunes
habitants) et donc favorable aux belles cartes postales de bidonvilles
et de centres techniques surexploités, affiche assez bof au
texte
racoleur pour boulets (notons d'ailleurs au passage la bien plus grande
finesse de la version anglaise, ci-contre). Mais rappelons nous aussi
les petites
pépites ayant déjà plongé
dans ces
thèmes : le bien astucieux "Zim and
Co" sorti en 2005 pour la partie "on est des exclus, c'est pas cool,
ouiiiin", et aussi le bien plus récent "à bord du
Darjeeling limited", dont le côté formidablement
absurde
gommait tous
les clichés Indiens tapis dans le fond. Et puis la
bande
annonce
laissait présager une bande-son assez sympa. Et c'est super
utile
d'avoir au moins une B.O sympa, quand le film est naze. Nous voilà donc plongé dans l'histoire de deux frères, l'un plutôt branché "je suis un gentil passionné" et l'autre plutôt adepte du "mon truc, c'est la réussite, si possible en vous pourrissant la vie, à tous". Evidemment, histoire de bien achever les restes de bonne ambiance dans la famille, on va vite rajouter tout un tas d'évènements dramatiques et un troisième larron aux grands yeux naifs. Les 1H30 qui suivent voient ainsi, sur fond d'interrogatoire musclé, s'entremêler flashback et scènes de vie dans une Inde pauvre, repressive, mafieuse, arriérée....bref suffisament noire pour que les vrais habitants et les vraies autorités aient eu l'idée d'engager des plaintes pour "violation des droits de l'homme" et de rebaptiser leurs chiens de bidonville du nom des producteurs et acteurs du film (notons que mine de rien, Latika, ça claque comme nom de chien). A croire que c'est la mode en ce moment, d'invoquer des droits fondamentaux pour pourrir la vie des gens qui essaient de (bien) bosser. Bref. |
![]() l'affiche anglaise donc, pour épileptiques avertis |
|
| Au-delà
de la polémique à deux roupies qui avait
déjà frappée nos 300 amis spartiates,
un constat :
la salle, dont j'avais intégré l'effectif en bien
agréable compagnie, a ovationé le film. Nous
même
avons été unanimes : une belle
réussite, et tant
pis pour les quelques grosses ficelles exposées
ça et
là et les quelques superficialités (notamment le
personnage de Latika, dont le charme peine à faire oublier
qu'il
réunit pas mal des clichés de la gourde passive,
les
féministes apprécieront). Mentions
spéciales par
contre en ce qui concerne le personnage du présentateur,
magnifique, et l'atmosphère globale, tantôt
triste,
tantôt drôle, mais jamais fade ou artificielle, si
ce n'est
à l'extrême fin du film (made in USA). |
||
![]() Le naif passioné et le faiseur de rêves, un rapport de force pas si évident |
![]() Tout ça c'est à cause d'elle !! |
|
| Ici donc, on vit, on
évolue, on
se construit, on rencontre des personnages qui ne sont ni gentils ni
méchants, mais qui progressent tant bien que mal dans
l'échelle sociale et ne souhaitent pas voir leurs acquis
retirés par la seule faute d'un électron libre
sans
influence, sans avenir. Un bon moment en salle sombre donc, qui donne la pêche et donne envie d'y croire. Et en plus j'avais bien senti : la B.O du film, elle vaut vraiment le coup! |
||