SmartBox : be smart?


Je suis le roi du pétrole. D’un geste, je peux choisir d’aller dormir sous une Yourte au fin fond de la Picardie, de faire un stage de survie en Lorraine, de prendre place dans un parapente ou dans un deltaplane à moteur au nom incompréhensible. Pour me remettre de tout ça, je peux me faire massouiller avec des pierres chaudes et déguster plein de petites pâtisseries orientales huileuses (car sachez le : le gras, c’est la vie !).

Je peux faire tout ça, mais j’oublie souvent. Et parfois c’est trop tard, et j’ai l’air con. Quand j’y pense, et que je m’envole avec deux acolytes triés sur le volet pour un « stage relaxation en Hammam » en région marseillaise (scusez du peu), je me retrouve irrémédiablement dans mes petits souliers, mis de côté, limite critiqué pour avoir osé pénétrer dans l’établissement. Enfin quand on ne répond pas qu’on ne sait pas quoi faire avec moi ou qu’on ne se demande pas s’il ne faudrait pas ne pas m’accepter. Je pense aux pauvres chiens qui se font refouler des grandes enseignes. Peut être serais-je bientôt attaché à côté de l’un d’eux.

Finalement autorisé à entrer et posé dans un coin, l’on me signale que le massage x super turbo prime à la pétale de rose d’eau douce n’est pas disponible pour moi. Il est réservé à toutes les autres personnes présentes. Pour mes acolytes à la limites, s’ils veulent, parce qu’ils n’ont pas le même statut. A la place, je bénéficie toutefois du droit de me faire gratter pendant 10 minutes avec un gant par la grosse dame assise là bas. Moment de stress….Ouf non ce n’est pas la grosse dame du bus 62. Pas de vengeance en vue donc, terrain neutre. Le soin s’appelle un « gommage » sur le dépliant. Respectant à minima mes attributs physiques, et après expérience et méditation, j’appellerais plutôt ça du dégommage, façon fast food. Mais sans le filet de pêche rigolo sur la tête du serveur.

Quand je pense incidemment à signifier à mon hôte que « c’est pas vraiment tip top, votre truc », on me dit que c’est comme ça, que ça a été décidé ainsi, que bon voilà quoi il faut comprendre, que c’est pas très compliqué, que tout était indiqué. Oui effectivement, c’est très clair.

Alors je laisse mes deux acolytes à leur enviable sort, et décide d’embarquer ma lumineuse compagne pour une épopée moins risquée : dégustation de pâtisseries orientales dans une grande mosquée de la capitale. Là vraiment, pas de danger, faut pas déconner. Ha ben si.

Après le désormais traditionnel débat sur l’acceptabilité de notre présence, nous voilà déposés dans un coin « spécial », une rangée de tables où sont alignés des gens dits « comme nous ». Une belle brochette de gens assez mal à l’aise, manque plus que les poivrons. Ha voilà justement le serveur dépressif qui nous explique l’on peut prendre ça, ça, ou ça. Et ça ? non. Ou ça ? non plus. Et être installé là bas près de la fenêtre et des fleurs ? non on t’a dit. Nos voisins nous sourient, une solidarité s’installe : il faut survivre ensemble.

Mais l’histoire n’est pas finie. Bien qu’ayant puisé dans mes réserves pétrolières, je contemple avec inquiétude mes deux autres coffrets. Je peux encore bénéficier d’un « week end insolite », et d’une « escapade de l’extrême ». Par curiosité, je compare le prix de la « box » et l’offre « hors box » pour le week end qui me tente sur Internet. Aucune différence, à ceci près que l’offre sur le site ne mentionne pas le caractère « insolite » de la chose.

 Le "+" Smartbox, sans doute.

De l'embarras du choix

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