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vous méprenez
pas. Je ne suis pas pour (ni contre) les groupes représentatifs
de personnes ou de pensée (encore appelés, dans le monde
branchouille des affaires, "lobbies"). Je
ne travaille pour aucun d'entre eux et, pour être
honnête, leur existence ne me fait ni chaud ni froid. On
pourrait dire que je m'en contrefiche donc, sauf quand ils portent le
sacro saint étendard du service public, peut
être. Pourtant je n'avais rien, à la base, contre la présence de groupes "d'intérêt public". Clairement, l'existence d'une haute autorité de luttre contres les discriminations me paraissait aussi absurde et inutile que pourrait l'être celle d'un haut conseil à l'épanouissement sentimental des écureuils en rut. Mais bon, il se disait que les écureuils vivaient dans un monde plus bisounours que le notre, donc tant pis : la Halde a été créée comme d'autres autorités ou organismes comme le planning familial, les IUFM, les syndicats voire même les partis politique.... |
![]() si seulement les gens savaient que le chemin le plus court est souvent le plus drôle....
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| Bref, autant d'organismes qui se sont
constitués pour représenter des gens ou se sont
vus promus "défenseur des
intérêts publics". Le tout pour une garantie la
défense des droits et de la parole de chacun et le respect
des libertés individuelles dans toutes ses formes.
De biens précieux garde fous contre qui aurait
l'idée saugrenue de vouloir imposer sa loi. Mais
ça n'a pas été aussi facile
de créer tout ça. Non non. Il faut dire que la
présence de tels "groupes" dans le milieu public posait bien
plus de problèmes que dans le milieu des affaires,
là où
les lobbies étaient montés et pilotés
semi
directement par les entreprises membres et, finalement, se fichaient
plus ou moins
royalement de l'individu. Au contraire, ici, le membre
était l'individu. Et il y avait donc beaucoup de membres.
C'était très donc très compliqué, et comme c'était compliqué, on s'est dit qu'il fallait simplifier (pour le bien du service public). Un truc pour assurer une bonne "governance" comme ils disent dans les entreprises. Et on a trouvé, le truc, c'est la lé-gi-ti-mi-té. Pour pouvoir justifier qu'on l'avait, on s'est dit qu'on avait deux solutions : leur demander leur avis, ou demander leur avis à une personne qu'ils auraient choisie pour les représenter. On a évidemment choisi le second, pour économiser les timbres, aider les arbres, tout ça. On leur a donc demandé aux gens de choisir un gars qui puisse donner l'avis de tout le monde. Enfin disons plutôt donner son avis en disant que "tout le monde" pense comme lui, regardez, il est légitime. Comme c'était dur pour lui de montrer à quel point il pouvait être la bonne personne pour donner son avis, on a créé un groupe pour l'aider à montrer ça et lutter contre les trois autres groupes qui faisaient pareil. Une fois choisi, enfin, et comme c'était quand même dur de parler de tout ce que les gens ont à dire, il a lui-même créé des groupes pour gérer des sujets précis. Comme il se disait que les gens pourraient se dire qu'ils n'étaient pas bien bien défendus, il a autorisé la création de groupes non gérés par lui mais parlant avec lui au nom des gens. La boucle était bouclée. On aura donc eu droit à des résultats bien sympa. Aujourd'hui encore, le résultat est là : - une structure d'aide à l'établissement des valeurs de l'éducation scolaire, moteur de la nation, tout ça. Des structures où l'on rappelle que l'apprenant est au centre du savoir (youpie, et pas grave s'il ne sait pas lire en 3ème, il est au centre, ça suffit bien). Des structures qui encadrent les futurs maître donc, en leur apprenant à fermer leur bouche quand ils ne sont pas d'accord (sous peine d'exclusion), à se dire "non mais c'est une mauvaise année à passer, donc je ferme ma gueule et on verra après". Une structure d'épanouissement donc que le maître quittera avec regrets pour retrouver son métier passionnant où il pourrai exercer les principes appris, passant donc de la pédagogie à l'énervement, de l'énervement à l'exaspération, de l'exaspération à l'appel à l'aide, de l'appel à l'aide au blâme, du blamê au coup de gueule, du coup de gueule à la mutation, et finalement à la résignation. Jusqu'à jeter l'éponge et mettre 18 à tout un tas d'analphabètes parce que finalement il n'y a que ça à faire, pour s'en sortir, se taire, se faire petit et sage pour espérer progresser dans les échelons. Génial. - une structure d'aide au respect de soi et de sa santé, moteur de la nation tout ça, où le maître mot sera donc, là encore, l'individu. Avec une application immédiate : "tu es enceinte, mais ne t'inquiète pas : tu ne dois pas avoir peur d'avorter, tu as le droit de faire des choix tu es seule maîtresse de ton corps". Un idéal de responsabilisation de la personne donc, qui permettra la mise en place de dispositifs d'avortement dans les distributeurs de boisson du lycée et l'ouverture de conscience des rétrogrades ou incultes qui osent penser, alors que les études biologiques démontrent le contraire, qu'avorter est criminel et traumatisant. Il faut combattre la maladie, c'est important. - une structure d'aide à l'épanouissement professionnel, moteur de la nation tout ça, où le maîte mot sera le rappel des libertés individuelles, le respect des acquis sociaux obtenus dans le sang il y a très longtemps, avant les dinosaures. Une structure de soutien à la lutte pour la reconnaissance de ses valeurs intellectuelles et morales chèrement acquises (voir ci-dessus). Une structure qui se battra corps et âme pour défendre, une fois de plus, l'individu, quitte à s'opposer fermement au pouvoir lorsque les règles qu'il proposera de poser seront, selon lui, notoirement insuffisantes. C'est alors qu'il brandira sont Code du travail et lancera : "nous ne signerons pas le document proposé, il est horrible, beurk caca, mais heu nous ne nous y opposerons pas". Avant de lancer un appel à la grève, parce que ça va mal et qu'il faut savoir affirmer ses opinions. - une structure d'aide à l'intégration des étrangers, des minorités, des femmes, qui rappelera que les étrangers sont des êtres humains, que les minorités ethnique sont des êtres humains, que les femmes sont des êtres humains, que la religion, la couleur ou le sexe ne changent pas cette nature, que celui qui vient dans un pays doit respecter les règles de ce pays mais dispose toutefois des mêmes droits que les autres, lesquels découlent d'une histoire particulière et empreinte de certains évènements. Ouah. - des structures de représentation des individus à l'étranger, de proposition et mise en place de règles souhaitées par tous, de contrôle et contre proposition en cas de règles insatisfaisante. Un système idéal pour le débat interne mais aussi externe, la confrontation d'idées. Des structures comprenant l'élite de la nation, des gens non seulement brillants intellectuellement mais à l'écoute des individus. Des structures qui expliqueront clairement aux gens pourquoi elles choisissent de défendre telle ou telle solution ou encore de s'opposer à telle ou telle décision. Des structures agissant sans démagogie ni calcul, qui feront la fierté des individus en portant haut une image du pays et leur donneront l'impression que les choses avancent, que leur nation est la plus belle. Du tout bon donc, avec une simple interrogation. Vraiment, avait-t-on besoin de tout ça? pour pouvoir mettre son cerveau au placard, donner un chèque en blanc à des bien pensants, certainement. Pour pouvoir faire l'innocent et leur mettre tout le poids du monde sur le dos à chaque occasion aussi, sans doute. |
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